Ca peut vous paraître étrange mais détrompez vous, Il s’agit d’apprendre à résoudre une énigme. C’est un entrainement doux pour comprendre les crispations du corps et de l’esprit. Je ne cherche pas des problèmes, je cherche à diminuer le nombre d’inconnu dans l’équation: se perdre en randonnée. Le secouriste n’est pas là qu’en cas d’accident.  Lui aussi s’entraine dans son domaine et ça n’a rien d’étrange. Il analyse la situation pour éviter les risques et surtout prendre en charge les blessés et leurs pathologies.

L’idée, comme toujours, c’est un exercice d’apprentissage donc pas de risque superflu Dans cette dynamique, l’idée, c’est d’être en sécurité. Je vais donc évoluer dans un secteur peu accidenté, Je vous invite à faire de même. C’est secteur que je connais, où j’ai déjà marché. J’en connais pas tous les recoins.

Avant de partir, j’ai appris le terrain, son relief. C’est à dire que je mémorise les points d’intérêt caractéristiques du secteur. Pylône télé, point haut, autoroute. Chacune de ces informations comportent un message essentiel pour votre orientation future. Vous allez imaginez ces points tourner autour de vous au fur et à mesure de votre progression dans l’espace naturel.

Trop souvent, notre regard est restreint. Nous structurons notre pensée, concentré uniquement  sur le chemin, la route à suivre pour ne pas se perdre en randonnée et c’est légitime mais pas suffisant. Alors que l’environnement direct est fondamental. Un chemin en agglomération, sans point d’eau, à 3000 mètres d’altitude ou en plein désert… La situation n’est pas la même.

Les messages captées en amont et en live sont capitaux. Ils sont visuels pour les antennes télé, une montagne par exemple. Ils peuvent être sonores pour un torrent, un chenil, une carrière de pierre en exploitation, une autoroute, une voie ferrée. Si vous êtes sensibles aux odeurs, on peut imaginer d’autres indicateurs olfactifs. Une décharge, des champs de lavandes. Autre point fondamental, qui dépasse l’expérience du jour, maîtrisez le terrain. Sur une aventure de plusieurs jours, comprendre où nous sommes est un confort certain.

Nous sommes sur un point haut, comprendre la nature de la géologie. S’en imprégner. Avec ce que je vous dis, certains vont dire: oui mais c’est long, on perd en spontanéité. Si je fais ça après y a plus de découverte. Votre cerveau a deux hémisphères. A gauche on pense et on automatise des procédures. A droite on rêve et on crée. Allez, on y va!

Je vais me perdre consciemment. Ca demande de déconnecter quelques neurones mais ça demande aussi d’être, comme toujours en nature, connecté à son environnement. Nous en avons déjà parler sur le blog, randonner, c’est être conscient de soi, de son corps, de son corps dans l’espace. Si vous ne réfléchissez pas pour aller de votre salon jusqu’à la cuisine ça n’est pas grave. En milieu ouvert, en revanche, c’est déconseillé. Un objet, un animal, un homme en mouvement, c’est motif d’agression, de collision, de modification de programme, de rupture de normalité. C’est pas forcément grave, mais l’information doit être évaluée à sa juste valeur.

Donc si on revient au point de départ, j’aurai dû vous préciser, on marche à l’aveuglette pour se perdre en randonnée mais on garde en conscience toujours les points d’intérêt et le milieu dans lequel nous évoluons. Si vous avez peur de ne pas avoir de motivation, progresser comme j’aime tant, avec uniquement un point de départ et un point d’arrivé, un azimut pour direction. Partez tout droit ou commencez à déviez.

Dans votre esprit ce point d’arrivée, vous allez le localiser en permanence comme un gyroscope. Vous tournez autour. Visualisez un crayon à la place de votre corps et une carte simplifiée avec les points d’intérêt à la place du sol.

Se perdre en randonnée pédestre

Sortir des sentiers battus… de son esprit

Ancrez-vous au sol, à la terre. Ayez conscience d’où vous êtes. Lorsque vous tournez sur vous même, ce sont les points d’intérêts qui se replacent. Plus vous avez de points d’intérêt à l’esprit et bien orientés moins vous êtes perdu! N’oubliez pas un point de repère précieux, le soleil. Il fait toujours le même chemin d’Est en Ouest du levant au couchant. Biensur, il y a quelques variations au fil des saisons mais c’est une ligne imaginaire fondamentale. Votre point d’arrivée est dans telle direction par rapport à cette ligne. Mémorisez. Imprégnez-vous dès que possible des sensations qui vous inscrivent dans votre décors.

C’est bon pour l’exercice ‘se perdre ne randonnée’, c’est bon aussi pour localiser une ville, une voiture surtout la sienne si vous la cherchez pour rentrer ce soir.

Cette fois-ci on y va pour de bon.

Voilà, je marche à l’aveuglette avec mon dé imaginaire dans la tête, ça m’amuse. Nombre pair, je tourne à droite, nombre impair à gauche. Dans ce domaine, à chacun son moyen de perdition. Pied gauche à l’entrée du virage au carrefour je tourne à gauche. Etc.

Après 20 minutes de marche. J’en parle dans plusieurs articles sur chemin de randonnée .com OUVREZ les yeux. Un type de revêtement, un gros caillou, un panorama, l’angle d’un carrefour, un arbre particulier, une cabane, un panneau, la forme d’une flaque d’eau. Aiguisez votre curiosité. La mémoire photographique est un atout fondamentale en randonnée pédestre.

Construisez-vous une banque d’image. Un roman photo. Pourquoi? pour revenir sur vos pas. Un objet perdu, le temps qui se dégrade, une battue de chasseur. Un chemin connu, c’est du temps gagné en orientation. C’est très drôle de ne pas être dépendant de la carte du GPS.

Il n’y a rien de plus désagréable que de marcher et d’avoir l’impression d’être déjà passé là sans l’avoir voulu. Même avec l’appuie de la technologie ça arrive. Lorsque le réseau satellite est imprécis, que le matériel est défaillant.

« Tiens j’ai pas regardé cette vue du lac tout à l’heure. C’est pas là que je me suis arrêté prendre un café? » Scannez votre environnement.

Si vous mettez un temps infini pour faire la petite distance avant la pause repas alors que vous marchez à bonne allure. Il y a un loup quelques part. Soit vous avez pris la mauvaise route, soit vous avez pris ce petit chemin pervers qui vous à fait prendre votre chemin en sens inverse sans s’en rendre compte soit vous tournez en rond.

Bon je papote, je papote. Au final, ce qui devait arrivé arriva. Le constat est amère. Je suis perdu. Qu’est-ce que je fais. J’essaye de ne pas paniquer, je me relaxe. Oui, il pleut, il fait froid, le vent me fouet le visage. Si la peur fait bouger, elle fait rarement avancer.

se perdre en randonnée pédestre

Ce n’est pas la fin du monde. C’est juste la fin de cette option, le bout d’un chemin.

Essayez de vous replacer dans l’espace avec vos points d’intérêt. Faites confiance à votre corps, votre esprit. Il va vous indiquer les bons repères. A cet instant, vous avez envie de tricher, prendre le gps, la carte. Non ceci est un exercice. On ne regarde pas le corrigé. Ca n’apporte rien mais c’est indispensable de l’avoir. Encore une fois, ceci est un exercice réalisé en sécurité.

Comprenez comment vous vous déplacez et vous saurez mieux comment, lorsque ça coince. Comprendre vos erreurs et repartir sur de bonnes bases. Votre point de départ et votre point d’arrivée doivent former dans votre esprit un ligne virtuelle tel un laser et c’est sur cet axe que vous allez vous recoller en cas de problème. Un robot ne fait pas mieux. Il a un point d’origine et des points intermédiaires et un point d’arrivée. Ils contribuent à son orientation dans l’espace. Mieux percevoir l’interaction de votre corps, votre esprit et le milieu dans lequel vous êtes immergé favorisera votre localisation dans l’environnement. Comprendre comment se perdre, c’est déjà en partie comprendre comment s’y retrouver sans paniquer. Vous avez fait la paix en vous? Vous avez compris l’esprit? Recommencez encore. Rentrez. La victoire est plus belle.

se perdre en randonnée pédestre

L’erreur n’est pas un échec. Le plus important: atteindre son but.

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