Les renards alliés des Hommes contre la maladie de Lyme?

C’est le constat d’une étude publiée sur le site de The Royal Society (07/17). L’équivalent de l’académie des sciences en France. Les renards seraient bénéfiques pour éviter la prolifération d’infections véhiculées par les tiques. En ligne de mire:  la maladie de Lyme. Une découverte qui pourrait modifier notre perception des renards véritablement traqués dans l’hexagone.

Que dit cette étude sur le renard et la maladie de Lyme? 

Selon les chercheurs, les nymphes de tiques vectrices d’infections s’attaquent d’abord aux organismes évoluant près du sol. Les plus faciles d’accès sont donc les rongeurs. Les nymphes transmettent la bactérie Borrelia, elle même responsable de la maladie de Lyme. En France, le renard est considéré par la loi et par beaucoup comme un nuisible et jusqu’à un million d’entre eux sont exterminés certaines années. Cet animal a la réputation douteuse mais ne laisse pas indifférent. Il pourrait voir son statut reconsidéré. Il pourrait être préservé.

Selon les résultats obtenus sur le terrain, il a une corrélation entre prédateurs et foyers infectieux. Si l’on réduit le nombre de rats, souris et mulots… grâce à des prédateurs comme le goupil, nous pourrions réduire le risque de transmission à l’Homme de maladies comme la maladie de Lyme. Plus il y a de renards (Vulpes Vulpes) et de fouines (Martes foina) pour pratiquer le « mulottage » (pour chasser) moins il y a de tiques infectés. Dans le même temps, les petits rongeurs changement de comportement. Ils deviennent plus casaniers. Conséquence, ils sont moins mordus par les tiques et la prolifération d’infections est réduite. C’est un point crucial. Un peu partout, la maladie de Lyme progresse. Les chiffres actuels, même largement sous évalués, montrent un véritable problème de santé publique en très net augmentation. L’inra a même lancé une application mobile collaborative pour rassembler assez de données sur la question et enfin pourvoir définir un ‘profil psychologique de la tique infestée’. Elle pique le matin? le soir, plutôt en ville ou à la campagne, avec ou sans beau temps…

Cette étude est-elle significative?Cette étude de The Royal Society est très prometteuse pour les défenseurs de la cause animale mais aussi les chasseurs victimes de morsures de tiques. On ne peut pas réduire l’avenir du renard à une question sémantique. Plaider la cause du renard, nous allons le développer dans un instant n’est pas une affaire de chasseur/ pas chasseur. Elle nous relie à notre perception du monde et de notre culture littéraire.

Les connaissances révélées par les chercheurs doivent être étayées. Ces travaux reposent sur les conclusions de données compilés sur 20 parcelles de un hectare de terrain. Ces zones ont été tapissées de centaines de caméras pour surveiller l’activité et les comportements des différentes espèces. En résumé: Préserver les renards pourraient permettre une réduction significative des  rongeurs et des tiques. Il y aurait moins de proliférations de maladie comme la maladie de Lyme.

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Renardeau dans la nature

Les renards sont-ils des nuisibles?

Ils ont mauvaise réputation. Ils seraient vecteur de maladie dont la rage (disparu en France en 1998 et reconnue officiellement comme telle depuis 2001). Ils détruiraient les cultures et seraient de sérieux concurrents aux chasseurs. Seul le dernier reproche semble trouver des fondements  aujourd’hui. On reproche aussi aux renards la diminution du petit gibier aviaire de plaine (perdrix et faisans). Ils sont surtout un maillon important dans la chaine alimentaire.

Concrètement, que sait-on de lui? Son rôle dans l’écosystème auquel il appartient est primordial car il mange des milliers de micromammifères. En évitant la prolifération des musaraignes, souris et autres loirs, il est un allié des agriculteurs et de nous tous. Premièrement, nous venons de le voir, il limite le développement de Lyme. Ensuite, effet indirecte, qui dit moins de rongeurs dans les cultures dit aussi moins de produits de traitement pour protéger les champs des rongeurs.

Pourtant en France chaque année, durant la période de chasse (septembre à janvier) quelques 600 000 renards sont abattus et/ou capturés. Pourquoi tuer un aussi grand nombre d’individus alors qu’il n’est pas un gibier alimentaire? En plus, c’est peine perdue. Les spécialistes animaliers reconnaissent qu’il est inutile de vouloir limiter sa démographie. L’espèce s’autorégule. Si elle sait limiter les naissances compte tenu des ressources, elle sait aussi compenser cet abattage de masse dont elle est victime. Il y a de plus en plus de grandes portées de renardeaux (deux à cinq nouveaux nés par mise bas). Il est donc impératif, dans le débat publique de se poser la question de la place écologique et sanitaire du renard.

 

Peut-on attendre une amélioration du statut du renard?

Au regard de cette nouvelle étude, il est trop tôt pour le dire. Mais cependant, avec ou sans elle, il y a régulièrement des évolutions dans le statut du renard. Le débat est omniprésent. Alors, une amélioration?

OUI. Les naturalistes ont déjà obtenu une modification de la loi. En 2016, à l’occasion de la loi sur la biodiversité pour être classé nuisible, il est stipulé que les espèces doivent être responsables de pertes importantes et engendrer des dégâts. Ce n’est pas le cas. Dans ces conditions, le renard a changé modestement de ‘case’ et il est désormais considéré comme « susceptible d’assigner des dégâts ». Un pas mais pas le grand écart. Le tuer n’est plus systématique sur le papier. Le grand public a aussi sa responsabilité pour influencer cette question environnementale. Il y a une forme de schizophrénie à trouver le renard mignon dans un zoo ou un parc d’attraction et dans le même temps fermer les yeux lorsqu’il s’agit de son élimination dans son habitat naturel.

NON. L’Etat recommande timidement à ne plus traiter le renard comme un nuisible. Dans certains départements comme en Savoie, à la surprise générale, le renard a été retiré en 2015 de la liste des nuisibles et sa chasse a été interdite. Mais ça ne règle rien. Le sort du renard dépend en grande partie des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage. Elles sont composées en majorité de chasseurs. Difficile de changer les mentalités car les préjugés et les habitudes sont souvent bien ancrés. Les pratiques traditionnels plus fortes que la logique pragmatique et globale.

 

Le renard dans l’imagerie populaire?

Les fables de La Fontaine au XVIIe nous laisse un éventail important de ses traits de personnalité: flatteur, trompeur, feignant, rusé et fourbe. Des ‘qualités’ misent en scène dans toutes les cultures à travers toutes les époques. On lui reconnait aussi ce côté trouble comme un certain Zorro. Zorro qui signifie renard en espagnol.

Il a été réhabilité par de nombreux cinéastes mais son meilleur défenseur reste Antoine de Saint-Exupéry avec le Petit Prince. Dans ce célèbre recueil de 1943, il incarne celui qui enseigne les vraies valeurs de la vie. Il symbolise l’amitié avec un grand A.

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Le renard, star des fables, contes et histoires populaires

Vous voulez en savoir plus sur la maladie de Lyme?

Allez faire un tour sur l’article ‘les dangers de la randonnée’. Vous y trouverez un chapitre complet et des liens pour approfondir le sujet.

Vous voulez parcourir l’étude de The Royal Societe sur l’impact des renards sur la prolifération de la maladie de Lyme. Lire+ (étude en anglais)

 

 

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