Marcher ou se déplacer?

 

On pense avoir appris à marcher enfant. C’est faux. Marcher ou se déplacer, c’est pas la même chose. Marcher part d’une intention du corps et de l’esprit. Il ne suffit pas de se mouvoir debout, un pied devant l’autre, d’un point de départ jusqu’à un lieu d’arrivée. Repensons notre façon d’être!

Et s’il fallait déconstruire dans notre esprit, l’impression tenace que nous savons marcher. Marcher, un acte naturel, intuitif? Non.

Marcher, c’est être. Se déplacer, c’est faire. Pour beaucoup, c’est un mot générique qui veut dire que l’on sait mais l’on ne sait pas.

Beaucoup de gens, avec parfois énormément de kilomètres au compteur vous raconte qu’ils sont randonneurs mais tout dans la démarche prouvent qu’il n’en est rien. Il y a cette certitude que marcher c’est un sport facile, accessible et sans contrainte. Un passe temps. C’est du même ordre que de dire je cuisine. Quand l’un parle de plat élaboré l’autre de riz trop cuit. C’est vrai dans les deux cas puisque les plats se mangent et sont digérés par le corps…. on peut s’en contenter. Dire que l’on sait. Mais les illusions ne construisent pas des compétences.

Pour vivre la marche, pour être dans l’acte d’être, il est indispensable de repenser son rapport à soi et à ce sport. Ou à cet art de vivre selon chacun.

Parvenir à un geste fluide, efficace et respectueux de notre corps réduit la fatigue et offre de nouvelles perspectives. Apprécier véritablement les rencontres et les paysages par exemple.

Qui n’aspire pas à ça? Pourquoi encore peu ou mal, c’est normal? Pourquoi se condamner à souffrir? Pourquoi vivre la marche simplement ne demanderait pas un peu de mise en condition?

 

 Mon corps et mon esprit: force de conviction

Pour marcher et dépasser le simple fait d’aller d’un point A à un point B, il est indispensable d’être conscient. Conscient de notre environnement, de ceux qui y vivent (humains, animaux, végétaux, de l’immatériel). Conscient de nous-même, de notre état et de nos failles du moment. De l’état de forme physique instantanée et globale. Parcourir ses territoires du sommet du crâne à la pointe des pieds. N’attendre rien d’autres que de connaître ses contrées, ses méandres. C’est plus que prendre une tendance fugace, une vague impression. Percevoir vos possibles, c’est aller plus loin.

 

Marcher ou se déplacer

 

Accepter de repartir d’une page blanche

Interrogez-vous, questionnez des marcheurs sur les chemins: Tu bois? Très peu répondent beaucoup ( 1,5l recommandé par journée sans effort, alors pourquoi négliger l’hydratation?). Les conséquences sont souvent désagréables. Ah si une petite bière à l’arrivée ( je croyais que l’alcool ça déshydrate mais pas les marcheurs?). Tu fais un réveil musculaire le matin, des étirements le soir? Non, c’est ´que’ de la marche. ( et dire que des sportifs aguerris n’envisageraient pas une journée sans, inconscience ou bêtise de jeunesse?)

 Dans l’inconscient collectif, marcher, tout le monde sait faire.

Et pourtant, les limites sont vites atteintes.

 

Marcher ou se déplacer

A l’ecoute de soi, la technique de cosmonaute, à l’écoute de soi

 

Cette année encore, j’ai rencontré des dizaines de randonneurs qui ne croient pas qu’il est possible de parcourir de longues distances chaque jour, de marcher par tous les temps. Ça semble inabordable. Pourtant, personne n’envisagerait de réaliser un gâteau les yeux bandés sans respecter aucune proportion. Les proportions sont des principes. Chaque pâtissier adapte la recette mais il y a un socle commun. Ce socle, c’est la rigueur et l’emploi de rituels de préservation du corps. Croire que ça va le faire, revient à jouer à la roulette russe. Mettre en péril son bien-être, sa santé ou l’aventure dans son ensemble pour de l’inexpérience assumée est absurde. Qui souhaite se tirer une balle dans le pied dans notre contexte? 

Marcher ou se déplacer à l’unisson….de soi

Celui ou celle qui a déjà connu cet état subtil de marcher de manière si légère, cherche inévitablement à retrouver cette sensation de voler. Ce fragile équilibre où l’on est disponible et pleinement heureux n’est pas un luxe mais un quotidien à rechercher. Il est disponible dans une combinaison du souffle, de la posture et des dispositions mentales. Inutile de faire un long périple, s’imaginer des semaines durant à gambader sur les sentiers pour devenir marcheur. Marcher est un état pas un pédigrée. Marcher est une attitude juste et équilibrée, porteuse de sens qui passe à l’acte. Se déplacer ne requiert aucune compétence. Ça passe ou pas. C’est presque une fatalité. Marcher ou se déplacer avec tout son être s’adapte à la condition physique de chacun. Nous devons simplement’ parvenir à synchroniser le pas (cadence et longueur) avec la respiration. Tout un programme. Inutile d’en faire une montagne, une pratique suivie contribue à des résultats probants et durables. Commencer par des gestes lents pour s’approprier cette nouvelle manière d’Etre. Les bienfaits sont nombreux sur des plans très variés. Des améliorations sont à attendre et ont été constatés sur les systèmes sanguin, lymphatique, nerveux et subtil. Apprendre demande pratique, patience et détermination. Qu’importe si d’autres trouvent cela stupide. Si votre pratique actuelle ne vous rend pas satisfait, alors osez.

 

Le rythme, secret de tout: le souffle

Respirer, c’est bien plus que faire bouger son ventre et faire entrer/ sortir de l’air de ses poumons. C’est respirer autrement en prenant en compte ses besoins. En montée ou sur du plan, l’oxygénation des muscles réclame des besoins différents. C’est un acte choisis et non contraint. Une oxygénation supérieure améliore le potentiel cardiaque, la clarté mentale et la récupération. Impossible de pas faire référence à la marche afghane.

Commencer sa journée par 3 minutes de respirations profondes et une série de respirations courtes pour faire circuler le plus d’air possible dans ces poumons. On entame la journée avec une cage thoracique ´dépoussiérée’ de l’air vicié de la veille et de la nuit.

En journée, sur les phases de montée, inspiration 1er pied, expiration 2ème pied et ainsi de suite. Testez des rythmes. Le bon est celui qui ne vous essouffle pas, qui ne vous fatigue pas. S’imposer une respiration qui gêne ne respecte pas le corps. Elle n’est donc pas bonne. Marcher ou se déplacer devient alors un joli défi!

 

marcher ou se déplacer

Randonneur heureux… Pieds…

 

Partir du bon pied 

Le chantier qui consiste à repenser sa manière de marcher ou se déplacer est gigantesque et en même temps assez simple. Il s’agit comme toujours de procéder par étape. Il ne viendrait à l’idée de personne de demander à un enfant qui commence à écrire de rédiger un best-seller. Je vous conseille de travailler les postures du pied puis de synchroniser la respiration. On peut aussi très bien travailler de manière autonome la respiration, un petit atelier étirement et un autre d’échauffement. Petit train va loin. Mieux vaut peu mais bien et longtemps que beaucoup de changements non assimilés, non intégrés pour finalement revenir à votre situation antérieure. L’idée étant de se mettre en route et quelques soit votre réforme, chaque pas accompli, conservez-le.

 

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2018