Quoi? Marcher à vol d’oiseau. Parfois, changer d’itinéraire est impératif pour trouver de l’eau, un ravitaillement, un médecin. Le terrain offre une lecture directe de notre direction mais il est bien difficile d’évaluer notre durée de marche. C’est pourtant crucial dans certaines situations inconfortables. Dans un environnement ‘soft’ c’est un exercice ludique et utile à maitriser pour les fois où… La carte, la boussole, le GPS de randonnée et les applications connectées sont inexploitables. Et dans ce genre de situation, ça n’est pas impossible. Soit on accepte le danger soit on essaye autre chose. Le changement est constant et il faut s’adapter. C’est l’inconnu qui rend l’aventure intéressante.

Evaluer la distance réelle d’une mesure à vol d’oiseau

Plusieurs méthodes ont été élaborées pour estimer la distance dite euclidienne et elles sont loin d’être toutes fiables. La distance à vol d’oiseau doit, pour un randonneur, permettre de définir in fine une durée, un temps de marche. La distance appréciée à vol d’oiseau doit donc être pondérée du relief -dénivelé positif et négatif-, des détours imposés (falaises, fleuves, terrain privé ou militaire…), de la densité de végétation, du climat, de l’état de fatigue du ou des sujets et du poids transporté.  Un joli micmac qui s’appréciera avec le temps et l’expérience mais nous possédons des outils pour définir un cadre. Cela peut décourager mais une bonne évaluation en amont est crucial surtout lorsque la nuit arrive, qu’il fait froid, que les réserves de nourriture commencent à manquer ou encore lorsqu’un bobo va devenir un vrai problème.

marcher à vol d'oiseau

La marche c’est rigolo, parfois il vaut mieux être pertinent.

Partir d’une ligne droite sans obstacle et lui donner une représentation viable pour nos pieds n’est pas chose facile. Elle est fonction de chacun. Certains joueront la carte de la sécurité, d’autres du rendement horaire aveugle. Un détour de 1500 mètres de route ou chemins forestiers sont plus roulants et moins énergétivores que 500 mètres de broussailles denses ou qu’un relief très accidenté en pierrier instable. Etre ‘puriste’ ou efficace. Il est parfois judicieux de faire l’impasse sur quelques difficultés (sommets, sites caractéristiques) pour aller plus loin, en meilleure forme et de manière plus fluide. A pieds le réseau de chemins possibles est plus important que pour les vélos et encore plus denses que les voitures. Le piéton est le bienvenu sauf sur les voies à forte circulation et les autoroutes. D’après diverses études le coefficient de détour moyen (CDM) varie suivant la nature du terrain. En ville, il est de 1,15 à 1,25%. En campagne, le coefficient est très variable avec la présence d’obstacle naturels majeurs. Lacs, montagnes, autoroutes, canaux, voies ferrées peuvent faire exploser le compteur kilométrique et horaire mais sauf cas particuliers le CDM varie de 1,13% à 1,25%. Chaque rupture avec la moyenne des distances à vol d’oiseau ( MVO) engendre un allongement du trajet. La moyenne des distances parcourues (MDP) est obtenue par:

CDM  x MVO = MDP

Après avoir évaluer la moyenne des distances parcourues, il reste ‘quelques ajustements’ à faire pour obtenir la durée moyenne de marche (DMM) pour aller jusqu’au point visé.

Pour ce calcul:

Vitesse moyenne marcheur: 5km/h. A remettre en corrélation avec votre vitesse réelle sur le plat

Dénivelé positif moyen: 600 mètres/h. A remettre en corrélation avec votre vitesse en montée

Calcul de votre DMM sur une distance de 5 kms et 600 m de dénivelé:

5 x 1 = 5H

600 : 600 = 1 H

On prend le plus grand, ici le chiffre obtenu sur la distance et on lui ajoute la moitié du plus petit.

5H + 0,5H  = 5,5 H

Il faudra cinq heures et demi dans les conditions définies pour parcourir la distance voulue.

Base calcul par profil

Randonneur débutant, vitesse sur le plat: env 2,5 kms/h, vitesse montée env 250 m/h, vitesse descente jusqu’à 400 m/h

Randonneur régulier, vitesse sur le plat: env 4 kms/h, vitesse montée env 350 m/h, vitesse descente jusqu’à 550 m/h

Randonneur expert, vitesse sur le plat: + de 4,5 kms/h, vitesse montée +400 m/h, vitesse descente + 550 m/h

Le plus compliqué est encore d’évaluer sur la distance à parcourir, le dénivelé positif et le dénivelé négatif.

marcher à vol d'oiseau

rigueur et précision, vecteurs de réussite

Il faut aussi intégrer les temps de pause et les ravitaillements (eau principalement). C’est vital. Renoncer à prendre en compte ce facteur dans l’appréciation du relief et des contraintes sur le terrain pour trouver de l’eau et la traiter revient à faire toute cette gymnastique mentale pour rien. L’eau se trouve plus facilement dans les vallées, dans les endroits luxuriants, dans les villes…

Evidemment, il y a les GPS de randonnée, via michelin, Géoportail, google mas mais il arrive que le réseau ne soit pas de la partie, que la préparation soit bâclée et se paye par des négligences et des erreurs d’orientations. A un moment donné, il va falloir s’y mettre sérieusement pour retrouver un semblant de normalité.

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