Les chemins sont tous différents: dénivelé, accidenté, rocailleux, vallonné, goudronné.

Ils ne sont pas vu par tout le monde de la même manière.

Le chemin est un défi. Un terrain jeu dont il faut exploiter tout les atouts pour faire corps avec lui. C’est le meilleur moyen accéder à une marche dynamique et créative.

Dans ce monde de zapping où l’on passe d’une information à une autre, nous sommes ultra connecté. Sur ce constat, prenons l’expertise que nous avons de ce ‘papillonnage’ récurrent auquel nous sommes confrontés quotidiennement. Dans la nature, cela peut être utile pour préserver notre corps et veiller sur notre sécurité. Formons-nous à la lecture de chemin avec cette fibre.

 

Moduler la vitesse et les rythmes en montée et descente:

Et si par jeu vous inversiez la tendance. Faites le test, accélérer dans les montées et ralentissiez un peu la cadence dans les descentes juste pour votre sécurité et votre récupération. Se concentrer sur sa vitesse en montée offre de nouvelles perspectives. Coordonner en rythme son souffle, ses bras, ses jambes et ne laisser à la tête que la trajectoire de l’ascension permet d’atteindre de meilleurs rendements avec un essoufflement réduit. Il est possible de rapidement accéder à des vitesses utiles. Elles le sont pour rallier une étape un jour de mauvais temps. Utiles pour achever une journée durant laquelle les kilomètres sont toujours plus nombreux devant que derrière. Utiles encore pour sortir d’un tronçon de monotone. Fixer son mental sur un point (son rythme respiratoire, une mélodie, une phrase de motivation) et laisser à certaines fonctions de son corps des tâches précises constitue un joker de choix. Apprendre et installer  ce mécanisme lorsque tout va bien et y avoir recours lorsque rien ne va est un joker en or.

 

Varier les types d’impacts au sol:

Nos pieds sont bardés de capteurs sensoriels qui jadis, avant que nous soyons chaussés, nous renseignaient sur la nature du sol, sa température, l’humidité…. Nos équipements modernes, chaussettes y compris, nous en éloignent encore plus de la terre et de son ressentit. Prenez soin de vos pieds avant qu’ils ne vous prennent la tête! Garder les pieds sur terre, c’est faire des bons choix. C’est à eux que nous devons la posture verticale. Certains chercheurs estiment que l’augmentation de la longueur des pieds humains dans l’histoire est proportionnelle à la progression de la taille de la boite crânienne. En veillant sur eux, vous veillez sur votre santé mentale. Imaginez: les accotements de routes et de chemin offrent très souvent de l’herbe, drue idéale pour relaxer les pieds. Deux cents mètres de sable ou de tourbe, ça s’apprécie comme un biscuit. Si vous appréciez en conscience ces quelques mètres de répit, vous aurez une bouffée d’air avant de reprendre ce sentier caillouteux si douloureux à vos jambes depuis un moment. Vous êtes plus léger, plus apte à réfléchir.

 

Être vigilant au bon moment:

Ces chemins si variés nous permettent de garder de ‘l’espace cerveau’ pour les passages difficiles. Et oui la même vigilance n’est pas requise suivant que nous marchons sur une petite route sans circulation ou sur un terrain très accidenté au bord d’un ravin. Certains vont dire ‘ben oui. Il ne s’agit pas de le savoir mais d’en avoir conscience dans l’instant. Avoir à l’esprit où nous marchons et les caractéristiques de chaque type de chemin, là, maintenant, ça n’est pas l’affaire de tous. Demandez à un groupe de marcheurs dont l’activité principale est de… parler, sur quoi il a véritablement marcher et les paysage rencontrés. Vous aurez bien des surprises. Ce contact avec le milieu, nous allons l’aborder avec COOPER. Pas le test bien connu des coureurs de marathon et de trail (la technique permet de définir la VO2 et votre aptitude à l’endurance en général). Non, ici, il s’agit de transposer un concept de self défense développer par un américain du nom de JEFF COOPER.

Que dit COOPER: Pour survivre, la chose la plus importante n’est ni l’arme, ni les compétences martiales. Le plus important, c’est la mentalité combative. En randonnée, ce ne sont ni votre expérience ni votre matériel high tech les garants de votre sécurité et de vos chances de succès. La clef de voute étant votre état d’esprit. Des états psychologies très définis à chaque grands types de chemin garantissent le maximum de bien être sur le parcours et limitent les blessures.

Connaître et appliquer un état d’esprit automatiquement comme l’on passe une vitesse en voiture libère de l’attention. Vous pourrez ainsi décontracter le mental pour les secteurs les moins risqués. Et le mobiliser au maximum sur les territoires les plus ardus.

Je veille sur 100% de mes pas ( mon environnement immédiat) en montagne et sur terrain accidenté, sur 80% avec une vue plus ou moins rapprochée en sentier sans difficulté 15% sur chemin blanc (avec simplement une vue d’ensemble). Sur chemin blanc, lire, manger, s’assoupir ou téléphoner sont des activités envisageables.

Que dit COOPER: nous devons apprendre à observer, comprendre, évaluer et nous adapter pour réagir de la bonne manière à ce qui se présente ou pourrait se présenter. Ne dit-on pas un homme avertit en vaut deux?

Que dit COOPER: il parle d’une échelle de mesure qui comporte quatre niveaux d’attention.

La condition blanche doit être réservée au lieu sans risque, votre lit, un endroit ou rien ni personne ne peut vous porter préjudice. La maison est le seul espace où il s’applique.

La condition jaune revient à être relaxé mais les sens en éveil, nous savons où nous sommes et percevons précisément l’environnement qui nous entoure et ses variations.

La condition orange est un cran au dessus de la jaune, cette fois-ci vous percevez un détail qui change la situation. Il y a un risque, quelques chose d’anormal. Nous devons analyser les détails et écouter notre corps. Plus de peur que de mal, mauvaise évaluation, re-descente en jaune. Sinon maintien de cette vigilance et peut-être passage au niveau supérieur.

La condition rouge annonce une confrontation. Un danger imminent et réel. En ayant déjà envisager les solutions correctives nous garantissons nos chances de réussir. Notre rapidité d’interprétation et d’action sont des principes essentiels d’un système de défense.

Au cours d’une aventure solo ou pas. Disons une aventure responsable. Notre attention est gardienne du bon déroulement. Pour reprendre le travail de COOPER nous ne pouvons être en hyper-vigilance en permanence. Ce serait contre productif et usant. Nous ne pouvons pas non plus faire comme si un décor se déroulait sous nos yeux avec la même surface de risque. Nous devons moduler notre attention. C’est bon pour le morale et c’est bien plus pertinent.

Pour s’entrainer, les pistes de descente de VTT sont un terrain de jeu formidable pour percevoir son ressentit et mesurer notre rapport au risque. Les tracés sont très exigeants, très rythmés et permettent un bon travail sur le cardio et la vigilance. Montée, descente, courbe, obstacle, c’est très dynamique. Vous ressortez de là revigoré. A éviter les jours ou lendemain de pluie intense ou la sanction sera inéluctable et contre productive.

 

Code couleur de COOPER appliqué à la randonnée:

La condition blanche: au bivouac, à la pause repas

La condition jaune: dès qu’il y a un déplacement et aussi sur chemin sans difficulté ou route à très faible passage et/ ou dégagée

La condition orange: itinéraire accidenté, zone accidentogène (terrain glissant, pierrier, falaise, fort dénivelé, mouvement ou bruit suspect type animaux, réserve d’eau au minimum…)

La condition rouge: début de chute, faux mouvement avec déséquilibre du sac, piqûres d’abeilles, blessure ou coupure couteau, déshydratation…)

Préparez mentalement des scénarios pour éviter et corriger certains dysfonctionnement favorise aussi un dynamisme mental et rend plus réactif à l’imprévu.

Pour randonner heureux, gardons les yeux ouverts et l’ensemble de nos sens en éveil.

 

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