Préparer, c’est vivre en conscience et dans de bonnes conditions son aventure.

J’aurais tendance à dire que je prends autant de plaisir à écrire une randonnée pédestre qu’à la vivre. Je marche dans ma tête avant de marcher avec mes pieds. Plus de 40% de l’aventure se fait dans la préparation de la randonnée. Nous allons voir quels ingrédients et les proportions pour concevoir SON aventure:

 

Dessiner un tracé, c’est y mettre ce que l’on aime:

Vous aimez le dénivelé, écrivez des montées des descentes. Vous aimez le relativement plat, dessinez en conséquence. Vous aimez les belles vues dégagées. Vous préférez les plateaux et les sommets aux fonds de vallées. Vous aimez, le calme, éloignez-vous des zones de nuisances (passage aérien, autoroute, ville, refuge canin, circuit automobile…). Vous voulez pas écrire ou prendr le temps de le faire prenez des tracés tout fait comme les topos-guide. ca ne vous empêche pas de choisir telle ou telle portion de  tracé qui correspond plus à votre recherche ou vos attentes.

préparation de la randonnée

S’offrir du magnifique pour mieux y renoncer… peut-être:

Si je suis en forme, j’irai jusqu’à telle ville pour y voir son architecture (si vous aimez l’architecture). ça fonctionne avec une curiosité, un lieu d’histoire, un bon restaurant, une spécialité locale, une rencontre. L’idée me plait, j’adore. Sur le terrain, l’idée me passera peut-être vite. Mais en ayant préparé les aspects de cette visite, je peux m’en nourrir et pourquoi revenir à l’essentiel en fin de compte. Avec un tracé général pour la journée et des options préparées à l’avance, l’aventure n’en est que plus exaltante. Avec un pointe d’imprevu et de rencontres fortuites, tous les ingrédients sont au rendez-vous. Vous connaissez le terrain de jeu, le décor mais pas l’issue de la partie. Chacun est libre de sortir du terrain et de s’asseoir sur le banc de touche. Je m’explique. Retirer un élèment ‘magnifique’ qui va juste m’handicaper en définitive. Etrange? C’est ce que l’on appelle un point chaud.

Intégrer des points chauds et des points froids:

Cela rejoint, le dernier point. Créer du magnifique et créer du magnifique inutile. Quoi? il n’y a pas que du psychologique étrange dans le paragraphe juste au dessus. Il y a du magnifique qui peut vraiment prendre forme comme une carotte. Un bar dans un village voisin, un bon resto.

C’est un outil de motivation. Personnellement, me bluffer me suffit. Après, rien ne vous interdit de confirmer cette carotte.

Une fois, tout cela dans la boite, il n’ y a plus qu’à digérer l’ensemble pour être à l’aise sur le terrain.

préparation de la randonnée

Connaître le tracé comme une partition:

Je m’approprie l’itinéraire, son dénivelé, les points d’appuis( rivière, champs, voie ferrées, foret), les points d’arrêts (tout ce que nous ne devons pas dépasser (route, ville, relais télé…) Connaître un tracé en amont, c’est perdre moins de temps sur le terrain à chercher ses repères. J’apprends un tracé ou des portions de tracé comme un pilote de formule 1 apprendrait un circuit. Je l’imagine dans ma tête et mémorise la partition. Pour compléter le tout, après avoir importer le tracé du GPS sur google Earth, j’apprends les zones de doutes (départ, arrivée, carrefours, villes, éléments simples: gare, supermarchés, cimetières). En gros tout ce qui est utile et qui n’est pas susceptible de changer à court terme). C’est très drôle de savoir où aller dans un environnement inconnu. Il y a comme une part magique à savoir sans savoir en étant presque sur que l’erreur n’est pas au rendrez-vous. Dans les moments de doutes, de grandes fatigues, de mauvaises hydratations, ce sont des petits plus qui redonnent du crédit et de la confiance pour repartir et finir l’étape avec de l’estime pour soi.

Etre méticuleux, créer des jockers, des solutions de substitutions

Recenser les points d’eaux (fontaines, sources, cimetière), les points ravitaillement (boulangeries, pharmacie, supérette, restaurant, bistrots), les plans B (bus, gares, bureaux de postes). Un bureau de poste peut permettre de renvoyer des matériels superflus. Avoir des solutions de replis permet de en cas de fatigue, de météo dégradée, de blessure, de démotivation de pouvoir rapidement opter pour une solution fiable et crédible. Parfois, des choix mal mesurés font prendre sur le terrain des directions absurdes et bien plus énergétivores que ne le permettent nos ressources. Après coup, reposé, en reprenant le tracé finalement empreinté, la stupeur est au rendez-vous. Quoi? mais il y avait plus simple, plus rapide, plus agréable….

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Laisser vivre ses personnalités

Hein? mais de quoi, il me parle lui? J’aime le café chaud et les glaces. J’aime parfois rien faire et parfois travailler dur. J’aime me lever tôt. J’aime aussi me lever quand je me réveille et parfois pas tôt du tout. C’est le corps qui décide. J’aime rêver, manger, parfois rien manger, j’aime rencontrer du monde et échanger quelques mots, parfois des heures et des heures, vivre un moment ensemble, sortir les sacs et troquer du matériel. J’aime aussi faire l’ours dans son coin. A l’écoute de toutes ces facettes, j’écris ce qui pourra me plaire et sur le terrain, je réoriente ma marche pour convenir à mes besoins instantanés.

Dans ces conditions, au levé de soleil, plutôt de l’affût. J’enchaine avec un temps de démarrage modérato. Puis j’accélère pour reprendre le retard et le me pose enfin. Si au contraire, l’affût n’est pas possible et qu’il n’y a pas de belles lumières à apprécier, j’entamerai avec de la vitesse sur piste, sur route trés tôt et reprendrait du temps libre lorsque le panorama me le permettra. C’est un tétris. Chaque fraction de mon être à droit de citer. A moi de lui laisser l’opportunité de vivre sa journée. L’énergie n’en est que plus grande.

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