Les amateurs d’outdoors associent la performance à l’alpinisme, au trail, à la marche nordique mais pas à la randonnée pédestre ‘classique’. Sans parler d’exploit, les deux sont portant indissociables pour garantir confort et plaisir. Performance: Est-ce un gros mot? Une addiction? Est-ce compatible avec la détente, le lâcher prise? Décryptage pour garder la tête froide.

Tout plus accessible, Tout plus rapide, Tout moins cher. Nous vivons à une période ou l’accélération est un véritable mode de vie. Grisé par cette hyper-activité, la performance est partout. Pour se mentir, pour se dépasser ou pour plaire, se plaire et être reconnu socialement, la performance s’érige en religion souterraine. Avec ses bons et ses mauvais côtés, nous allons tenter d’y voir plus clair sur la performance en randonnée pédestre afin d’affiner notre positionnement à l’effort.

La performance humaine dans le sport

Avec le développement des moyens de transmission comme internet, le partage des savoirs et la mise en commun des connaissances et expériences à fait un formidable bon en avant. Souvenons-nous, dans les années 60, les coureurs du tour de France n’avaient pas droit au ravitaillement, boire de l’eau en course était une hérésie, l’alcool offert par le public monnaie courante et la prise d’amphétamines très répandue. Depuis la mort de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux en 1967, les sportifs ont la possibilité de respecter leurs corps et progresser plus sereinement. Le sommeil, la respiration, l’hydratation et l’alimentation sont des vecteurs clefs de la préparation. Vous trouverez toujours des cas à part et des cas qui se croient à part…. Souvent ils le sont pas trop ou trop tard….

La performance outdoors… Une dérive des applications militaires?

Ce n’est pas un plaidoyer mais un questionnement sur le rapport au corps, son efficacité et ses limites. Les militaires ont très tôt perçus le champs d’action des drogues sans en maitriser encore les conséquences humaines et psychologiques à moyens et longs termes. Les produits sont très ‘alléchants’. Les produits permettent de modifier l’état de conscience d’un homme jusqu’à stimuler son ardeur à la guerre, annihiler ses peurs du dangers et parfois ‘gommer‘ les blessures de l’esprit suite aux combats au corps à corps. Les exemple ne manquent pas dans l’histoire: haschich au Liban, Opium en Aflganistan, feuille de coca au cours du siège de La Paz au 18ème siècle. Ne dit-on pas que la détermination des djihadistes vient de la prise de captagon, une amphétamine capable de décupler la réactivité en supprimant la faim et les besoins de sommeil? La molécule ‘ fénéthylline’ n’est pas nouvelle et a su trouver des applications surprenantes notamment chez les sportifs de hauts niveaux pendant longtemps. En supprimant le stress, elle ouvre un spectre très large de possibles… avec tout ce que cela comporte pour peu que les principaux intéressés soient prévenus et en assument les conséquences.

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Pillules… Pour gagner en performances

Les bénéfices de la performance et développement personnel

« Pourquoi faire la moitié d’un effort et tricher alors que l’on peut le faire en entier et trouver l’harmonie » Mike Horn. Il nous rappelle que la motivation est un outil profond et si on a peur de ses résultats mieux vaut se remettre en cause ou ne rien commencer. La recherche de performance invite à se poser deux questions intimes Qui suis-je? et Quelle image ai-je envie de renvoyer aux autres et à moi-même? Soit on calque son évolution sur les pratiques d’un groupe, d’une population, d’une classe d’âgee (avec ses plus et ses points négatifs), soit on recherche ce qui correspond à son identité. Il est indispensable d’établir des objectifs graduels, crédibles, atteignables et valorisants. L’immédiateté, le surpassement perpétuel, la jeunesse ou état de forme constant sont des illusions destructrices.

Les axes de travail

Savoir de quoi l’on parle et ne pas hésiter à confronter les avis. En randonnée, beaucoup de gens ne parle que de kilomètres. Une donnée factice et très imprécise pour évaluer la difficulté et le temps de marche. Ne pas prendre en compte les dénivelés (D+ D-), le poids du sac à dos, la nature du terrain (type de sol, difficulté de progression – végétation, terrain accidenté – , conditions météo et thermique), son état de forme revient à partir à l’inconnu. Tous ces paramètres accentuent la difficulté, les efforts et de fait la vitesse de progression. Vouloir comparer des choses incomparables revient à vouloir mettre sur le même plan deux personnes qui mangent chacune un gâteau. Le premier provient d’un distributeur automatique (style mars), le second est une part de pièce montée réalisée par un pâtissier meilleur ouvrier de france. Dans les deux cas un dessert, un gourmand et des calories. Dans les deux cas aucun rapport juste des faisceaux de similitudes. Il est fondamentale de prendre en compte la réalité d’un tracé pour évaluer sereinement ses marges de progression.

Performances des matériels de randonnée pédestre

Que d’avancées de ce côtés là. Les vêtements sont plus légers et plus résistants. Le bon vieux Kway a laissé la place à des solutions respirantes. Tout n’est qu’évolution même le ‘vulgaire’ réchaud à bois s’est doté d’une double parois pour optimiser la combustion, réduire les fumées et minimiser les cendres. Le poids plume s’accompagne pour beaucoup d’équipements d’une hausse des tarifs. Le prix d’une gamelle en titane vient à vous faire douter des quelques grammes gagnés.  Ces technologies (géolocalisation, macro-nutrition, vestimentaires) apportent un avantage pour sublimer l’expérience, améliorer le confort et minimiser les  baisses de moral. Cependant, au coeur de la performance, il y a toujours un humain avec ses connaissances, des aptitudes, sa préparation et sa capacité d’adaptation. Et le matériel n’est qu’un plus, pas un tout.

Performances et dérives sportives

Pourquoi faire ça? Pour un chiffre, une place sur un podium… faux. Le risque de la recherche de performance c’est de vouloir s’inscrire dans une illusion. Celle d’être dans une position quelques peu… mégalomaniaque ou l’on voudrait contenir ses émotions et ses peurs et pouvoir être en mouvement en permanence. Une machine quoi. Pas étonnant que des produits comme la cocaïne trouvent autant d’adeptes dans les milieux du sport, de la finance ou à fortes représentations.

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Optimiser oui mais jusqu’où

La dépendance sportive

A partir du moment où la pratique sportive n’est plus une envie mais un besoin compulsif pour ressentir les effets de celui-ci, les médecins estiment souvent qu’il y a dérive. Lorsque la pratique devient l’unique centre d’intérêt, qu’elle est solitaire et tournée uniquement vers la notion de dépassement ou de surenchère à la performance, il y a un risque pour soi. Il y a une falaise mais ici elle est invisible. L’addiction au sport est une pratique pathologique connue sous le nom de bigorexie. Certains traits de caractère sont des facteurs à risque: perfectionnisme, pratique trop précoce et mise sous pression des parents, éducateurs ou entraineurs. Pour aller plus loin.