Je vais à droite, non à gauche. Entre faire le bon choix et opter pour une mauvaise stratégie, qu’est-ce qui prévaut à nos décisions. En randonnée, le balisage et la technologie ne font pas tout. Parfois le bon sens et un brin de pragmatisme permettent d’opter pour des stratégies qui nous correspondent plus à cet instant donné.

Les chemins balisés ne sont pas des autoroutes. Il arrive même que certains, pour des raisons obscures ou logistiques ne soient pas balisés dans les deux sens ou seulement sur certaines zones. Dans tous les cas, l’usure des différentes voies (sols érodés, pierres lisses), l’entretien (débroussaillement récent) aident à s’y retrouver. Souvent, se retourner au carrefour permet d’apercevoir un signe de balisage pour ceux arrivant en sens inverse. Ce message est toujours orienté pour être dans l’axe de vue des personnes à qui il est destiné. Pointé la main à la perpendiculaire du panneau ou logo et vous obtenez la direction à prendre.

Avec la fatigue, le manque d’hydratation, une dégradation des conditions générales, une rupture de normalité nous pouvons très vite opter pour des choix peu judicieux. Une heure, 10 kilomètres, qu’importe le temps ou la distance avant de reprendre conscience de l’erreur, c’est trop. Plus vous perdez vos moyens, plus vous êtes en situation de stress et moins vous avez de facultés mentales et de raisonnement. Tout devient binaire. Les contrastes sont violents. En temps normal pourtant, nous nous éloignons aussi trés souvent d’une pensée plus riche.

L’Homme dans la nature, construction de sa pensée:

Quiconque est allé dans un parc d’attraction peut vous le dire. C’était bien (1). C’était nul (0). Dans la nature, la variété des émotions et des situations forment un tout plus complexe. Soyez à l’écoute de votre corps. Il n’y a pas ce côté binaire de la pensée. Le noir et blanc laisse place à un nuancier de couleurs plein de contrastes. Il se compose de rythmes et de saisons (agréable, désagréable, neutre). Difficile même de regretter certains phases faibles car elles mènent vers d’autres expériences instructives. Plus vous percevez ces variations d’émotions et de couleurs, plus la réflexion devient subtile. Il y a une vraie différence entre s’écouter (souvent pour ne rien faire et trouver des excuses) et être à son écoute.

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La pensée binaire:

Le binaire est un raisonnement basique où l’on compare (A et B) et l’on obtient deux valeurs:

Choix 1: A est bien (1) et B pas bien (0)

Choix 2: B bien (1) et A pas bien (0)

C’est un mode de pensée très destructeur. Il pousse au dénigrement et le tout ou rien qu’il suscite se transforme vite en Up and down émotionnel. D’un coup, un sentier, une journée deviennent faciles ou difficiles. Un paysage beau ou moche. La météo bonne ou mauvaise. Tous les paradoxes s’entrechoquent et c’est le meilleur qui gagne… et vous qui y perdez la plupart du temps. Cette forme de pensée nous limite, nous mène dans les excès. Plus nous nous isolons de notre réalité moins nous faisons des compromis. Plus nos opinions sont tranchés, plus nous prenons des risques inutiles.

La logique tétravalente, la pensée du crabe:

A la logique binaire, un autre concept prend forme. Il y a toujours la marche avant et arrière. Il y a aussi le pas de côté: la logique tétravalente. En logique tétravalente, il y a 4 valeurs possibles. Les 2 du système binaire, évoqué plus haut, renforcées de 2 nouvelles:

Choix 3: A et B sont pas bien (0)

Choix 4: A et B sont bien (1) chacun des choix apporte un plus dans le contexte et à des niveaux différents.

Chaque situation est différente. Pour peu que le cadre soit, en apparence similaire, rien ne dit qu’à ce nouvel instant, cela produise les mêmes effets. C’est en quelques sortes, l’idée sous tendue par la vision relativiste. A chaque maux un remède. Plusieurs paramètres peuvent interagir, ne rien négliger. Evitez les simplifications abusives (0 ou 1). Une perception fluide de ses sens permet d’avoir une idée plus fine de la vérité.

Ces différents systèmes de logiques nous rappelle que dans la nature, nous ne pouvons pas penser comme dans un parc d’attraction. La pensée est plus riche, plus libre et plus subtile. Dans la prise de décision, c’est un regard nouveau pour faire des choix à son image. N’oublions pas que nous somme le fruit de notre éducation et de l’époque dans laquelle nous vivons. Nous passons à côté de choses simples.

 

Nos sens, victimes de notre conception du monde:

Les conceptions qui relient l’Homme et la nature sont nombreuses. Les écoles de pensées s’entrecroisent et souvent s’opposent et pendant ce temps là… Les modernes comme Descartes séparaient le corps et l’esprit, les sujets et les objets. Kant fit passer l’esprit avant le corps, L’Homme acquit la Raison avec un grand R. Les modernes ont laissé la place aux contemporains.  D’autres encore, nous lient à la nature dans une relation de symbiose comme Michel Serres.

De nombreux courants philosophiques nous ont donné l’illusion de notre toute puissance, de l’idée que nous étions à part, au dessus. Doté de telle ou telle mission divine, nous voilà aussi créatures aux pouvoirs presque illimités grâce à la technologie.

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Place de l’Homme, Données Anthony Yobes

Non, l’Homme n’est peut-être pas au centre de l’environnement comme nous l’entendons trop souvent. C’est une vision surement illusoire et simpliste. Nous ne sommes pas grand chose face aux éléments et nos limites sont très vite atteintes loin de notre confort habituel. Partez nu au milieu de nulle part et vous ferez rapidement expérience de vos limites. Personne ne vous attends ni ne vous servira sur un plateau le gite et le couvert. L’homme au sommet de la chaine alimentaire? Qui fera vraiment le poids à main nu face à un lion ou un ours enragé?

Nous sommes bercés par une vision anthropocentrique du monde. Nous aimons l’idée que nous sommes au centre. Dans cette position nous pouvons, à loisirs, distribuer notre puissance vers l’extérieur. Ne confondons pas notre puissance collective et notre réalité individuelle. Les plans sont très différents. Les moyens aussi. Un séisme et l’Homme réapprend les mots fragile, petit, limité. Solidarité, vivre ensemble, famille et débrouille ne sont pas loin. Développer vos sens est une activité ludique et éducative pour se connecter à soi et aux mondes.

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