Assumer sa part d’ombre

Marcher, c’est aussi assumer sa part d’ombre. Faire l’expérience de la pensée de Carl Jung, c’est prendre conscience des facteurs de désordre pour marcher en paix. Améliorer notre stabilité émotionnelle et nos relations à autrui, c’est fondamental. Allez au devant de votre part lumineuse et de votre part d’ombre! Je suis plus qu’une idée, des peurs, un ensemble d’apriori. 

Quel rapport avec la Randonnée? Randonner, c’est tenter de vivre en harmonie avec la nature mais nous sommes peu de chose face à elle et à ceux qui la composent. La variété des situations demande une grande capacité d’adaptation. Trouver des ressources pour gérer les situations rencontrées sur la route demande de connaître ses outils personnels et de savoir les mobiliser à bon escient. Voilà pourquoi, connaître , accepter et dompter sa part d’ombre permet d’être meilleur. Plus juste avec soi.

 

Se connaître soi, pour être son allié, aller au devant de sa part d’ombre

J’ai beaucoup parlé dans mes articles de ´jouer’ avec ses émotions. Suivant les périodes de l’année, les publics rencontrés; l’attitude est différente. Rentrer en résonance ou en confrontation demande de connaître le kaléidoscope de personnalités ( ou d’expressions) contenues en nous. Être un gentil garçon sert dans certains cas. Dans d’autres, c’est juste se placer en position de victime ou de victime potentielle. Et pour notre vie, c’est un manque de respect. Vivre dans la nature, c’est aussi se replacer dans notre condition, loin des contingences civilisées, policées et sociales. Vivre dans la nature, c’est reconnaître qu’il y a une hiérarchie naturelle et que pour survivre nous devons pouvoir être à même de prendre des décisions parfois cruelles pour son propre bien.

carl Jung, assumer sa part d'ombre, psychologie

Face à soi-même

Face à un animal agressif, fuir ou faire face sont souvent les deux grandes options. Les concepts de citadins n’ont plus court. Il s’agit dans un retour brutal et primitif, de savoir et d’agir pour sauver sa peau. L’exemple pourrait très bien s’appliquer face à un individu seul ou en groupe déterminé à en découdre. Ce n’est bien souvent pas à l’instant T que cette part d’ombre peut raisonnablement s’exprimer. Trouver le juste milieu pour fuir, faire peur, se défendre ou attaquer demande un apprentissage de soi pour évaluer au mieux l’attitude à adopter.

 

Qu’est-ce que la part d’ombre?

Qui ne s’est pas dit un jour devant un livre d’Histoire, face aux atrocités d’une guerre, d’une période tragique de notre monde: comment des hommes ont-ils pu faire ça? Pourtant, ces humains, c’étaient nous. Ils avaient une vie, une famille, des passions, des joies et j’en passe. Pourtant, ils ont dû par nécessité, par obligation ou par devoir agir de la sorte. L’ombre contient toutes les pensées, les actes refoulés dans l’inconscient. Un faisceau de comportements ou de traits de caractères bien enfouis sans quoi famille, amis et connaissances auraient vite fait d’être déçus ou de nous tourner le dos définitivement. Tous les actes déviants, honteux ou répréhensibles, nous les avons banni pour continuer à vivre avec l’autre quelque soit sa proximité où notre attachement affectif. On est souvent confronter à l’ombre, lorsqu’après une situation conflictuelle où nous n’avons pas bouger, à tort ou à raison, nous y repensons envisageant des scénarios virulents, agressifs ou violents. Ils n’auraient pas de crédibilité dans notre réalité. Pourtant, en modulant nos facettes, notre part d’ombre à sa crédibilité dans notre réalité.

La part d’ombre, employée depuis la nuit des temps

La part d’ombre est très souvent réprimer, contenue au plus profond de nous même. A l’échelle du petit humain, elle est considérée comme immorale. C’est très pratique. Elle a pourtant toute sa place pour poser des limites ou éviter le pire. A l’échelle des états et des puissants, la dissuasion est employée depuis l’origine de l’humanité. Les Hommes sont allés jusqu’à prendre le risque de mourir pour s’assurer la quiétude d’un groupe ou d’une idéologie. Il suffit de regarder comment les peuples ont accumulé les stocks gigantesques armes nucléaires pour s’en convaincre. 16000 ogives recensées dernièrement dans le monde de quoi créer un hiver atomique aux conséquences catastrophiques sur des durées énormes et inconnues. Mais les grands États continuent de s’armer. 

Assumer sa part d'ombre, psychologie, Carl JUNG

Trouver le bon compromis

Carl Jung, révélateur de l’âme, de notre part d’ombre 

Il n’y a pas de lumière sans ombre. Lorsque nous ne sommes pas capable d’accepter ces zones d’ombres en nous, nous les projetons sur les autres. S’énerver du comportement d’un proche, d’un collègue refléterai des parties inassouvies et non assumées de notre personnalité, « la déflation ». Pour Jung, nous sommes ombre et lumière, un tout indissociable que l’on doit dompter pour vivre. Dans notre rapport aux autres, pour qu’ils nous aiment et nous reconnaissent, la part d’ombre s’est affublée de tous nous aspects négatifs ou perçus comme tel en société. Et cela même s’ils ne sont pas des défauts. Identifier et accepter ces aspects de nous-même permet de vivre mieux avec soi et les autres. Nos traits de caractère ainsi révélés, on parle alors d’intégration. Nous consacrons plus de temps et d’énergie pour vivre librement et moins à cacher ou lutter contre nous-mêmes.

Assumer sa part d'ombre, Carl Jung, psychologie

Assumer, accepter, prendre en compte ses extrêmes

Dans la pratique

On considère qu’un Homme vit mieux s’il est en paix. Le chantier en vaut la chandelle. Pour Jung, prendre conscience des facteurs de désordre améliore nos relations à autrui. Un grand pas pour l’Homme, un petit pas pour le collectif. Et vivre en harmonie avec et dans la nature reste le socle de la démarche du randonneur. Il s’agit d’un véritable travail sur l’humain au sens globale du terme. A l’origine, nos codes moraux sont transmis par la famille, la culture et l’époque. Ils définissent notre marge de manœuvre. Ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Imaginez le champs des possibles lorsque votre itinéraire n’est plus simplement dicté par un topo ou le suivi d’un balisage. Combien d’entre vous, on déjà pesté sur un itinéraire « pourquoi ils nous font passer ici, c’était mieux par là, plus joli, plus agréable». C’est comme le GPS. Il est logique pas pragmatique. Ces choix fait pour vous et à votre place le sont par rapport à des principes (sécurité, nuisances…) et des règles (convention de passage, préservation d’espèces animales…). Les remettre en cause, à son échelle, dans certains cas, n’entrave en rien la liberté, le respect ni la sécurité pour vous ou pour les autres.

Prendre la route plutôt qu’un chemin en sous-bois parce qu’une tempête agite les arbres avec des vents de plus de 60 km/h. Bon sens. Traverser un terrain vague pour éviter de faire le tour du village et tous ces recoins merveilleux instaurés par les décideurs locaux mais fondamentalement inutile. Refuser de rater un super panorama parce que pour éviter l’affluence d’un lieu, la populace a été ´déroutée’. Bon sens. Se concentrer et se rassembler sur l’essentiel. Avoir conscience de ses actes et de ses réactions. Reprendre son libre arbitre et assumer ses choix. Bon sens. Pour décrypter un peu plus notre comportement, revenir sur l’allégorie de la caverne de Platon contribue à désacraliser le chemin tel qu’il est pensé par les Hommes et les instances modernes. Bien sûr, il y a tous les efforts pour rendre la Randonnée pédestre abordable mais aussi les effets induits. A terme, notre société nous robotise à cela, nous sommes conditionnés à faire cela et non à Être ce que nous sommes. Le sentiment de liberté véritable n’est-il pas au centre de nos préoccupations? Il se déploie lorsque nous assumons d’être en vérité avec nous-mêmes. 

89 jours de randonnée pour tout changer

Récit de 89 jours de randonnée dans un garage souterrain pour évacuer ces émotions responsables de contre performance. Envisagez un entrainement de fond pour tout changer et réussir vos randonnées pédestres. Un peu d’inconfort avant pour mieux vivre pendant. Enrichissez vos possibles! Votre organisme et votre esprit vous le rendrons!

  • Le synopsis
  • Les champs d’application
  •  Par où commencer?
  • Pourquoi ‘se faire mal’ au fond?
  • Mon terrain de jeu: un garage souterrain. Où ça?
  • Peut-on y trouver son compte?

Le synopsis:

C’est un projet hivernal un peu farfelu à la base intitulé ’89 jours de randonnée pour tout changer’. Il s’agissait de lister toutes les situations où l’on se sens mal lors des randonnées, où je me sens mal. J’ai quelques heures de vol dans le domaine et j’ai sais exactement les situations où le moral va flancher. Avec les années, j’ai appris à me connaître et à concevoir mes aventures en jouant avec ces situations ou en les évitants. On pense à tord que pour être un bon marcheur, il faut randonner beaucoup, souvent…. Oui mais, ce  n’est pas la seule solution pour progresser et tout changer. On peut aussi agir sur des paramètres très précis. C’est de l’horlogerie!

Les champs d’application pour tout changer:

Travailler sa régularité, accroire sa longueur de pas sont des exemples de séances d’entrainement spécifiques. Il s’agit d’habituer l’organisme à des conditions variées (froid, chaud, de la pluie, du monotone, du plat, du dénivelé). Marcher quand on n’a pas le moral, lorsqu’on est malade, la nuit…. tout est un bon prétexte pour dépasser une émotion, un état, un inconfort pour emmagasiner du vécu, des mécanismes de sauvegardes. Tout changer ou du moins qui ne va pas demande du temps et de la détermination.

En engrangeant des ‘blocs émotionnels’ on part avec des acquis pour tout changer en profondeur. Petit train va loin! Qui ménage sa monture va loin! Les adages sont légions depuis bien longtemps et transportent dans leurs sillages des vérités, des attitudes pour éviter le point de rupture. Alors faute d’emporter avec vous tous les ouvrages de psychologies et de managements inimaginables et bien inutiles sur le terrain: enrichissez vos possibles!

Par où commencer?

Mon inventaire personnel a été de lister les zones rouges. Tout ce qui fait que des fois, je pourrais écrire en gros caractère ou hurler à tue-tête dans une baisse de moral: A CHOISIR, J’AIME PAS

Moi personnellement avant ce projet de 89 jours pour tout changer j’aimais pas:

  • Les terrains trop plat.
  • Les chemins monotones, trop linéaires, trop carrossés 
  • Les odeurs industriels et la pollution
  • Le bitume sauf pour aller vite d’un point à un autre. Mais non, inutile de me mentir, j’aimais pas
  • La ville en générale, car ça n’est plus marcher mais se déplacer. 

    89 jours pour tout changer 1

    Garage souterrain… de nuit, le paysage ne distrait pas de l’objectif… C’est fait pour

Pourquoi ‘se faire mal’ au fond? 

J’ai trouvé mon terrain de jeu idéal pour casser ces mécanismes du j’aime pas.

En dépassant ces freins, j’irai plus vite et je vivrai mieux mes journées. Je serai plus disponible pour moi-même, ma sécurité et pour libérer de l’espace cerveau pour aller à la rencontre des autres.

J’avais entendu l’histoire d’un coureur qui préparait la diagonale des fous et faute d’avoir du dénivelé dans sa région enchaînait des cages d’immeubles. Rien de très réjouissant sur le papier. Pour être un bon marcheur, il faut surtout progresser là où ça coince. Ce sportif était véritablement déterminé. Il aurait surement préféré être au milieu d’un super paysage. Mais pour apprécier le contexte mieux vaut être apte à gérer le contenu sinon c’est fade ou impossible à apprécier. Son but, c’était d’être prêt pour vivre SA course. Et avant d’apprécier son terrain de jeu, il a commencer par tout changer dans SON terrain personnel. Avant de récolter les fruit de son effort, il a produit un effort conséquent.  Il a envisager et mis son projet dans son ultime vérité. Que le corps et l’esprit soient opération et préparer à, le jour J. Alors comme un amateur de Parkour (sport urbain consistant à franchir des obstacles), j’ai choisis la ville. Un garage souterrain près de chez moi. Avantage, il est accessible jour et nuit. Il est toujours éclairé et j’ai le confort de créer des séances sur mesure en rentrant chez moi aussi souvent que désiré. 

Mon terrain de jeu: un garage souterrain. Où ça?

Le garage souterrain concentre tout ‘le pire’ pour moi pour tout changer. Souvenez-vous: du plat, du monotone, du linéaire, du bitume et de la ville. Suivant les séquences, j’y ai passé de 1h30 à 3H chaque soir ou un soir sur deux pour développer des ‘blocs émotionnels’.

Taille de mon espace de vie, 60 mètres de long, 5 mètres de large. C’est pas plus stupide que des aller-retour dans une piscine ou des tours de pistes d’athlétisme. Tout n’est qu’une question de point de vue. Et lorsque mes voisins ou les livreurs de journaux me posaient des questions et me regardaient avec des grands yeux, je n’avais qu’une chose en tête: tu sais ce que tu fais. Vis ta vie, ne perd pas ton temps à l’expliquer. J’ai enchainé des centaines de kilomètres tout l’hivers en alternant avec des journées de marche bien réelle. Toujours aussi des thématiques, proprioception, trajectoires, vitesse. Un peu de tout pour tout changer.

Peut-on y trouver son compte?

C’est devenu un jeu de contourner les méandres de l’esprit qui font chuter et se trouver des excuses pour ne pas avancer, s’arrêter ou ne pas sortir. En décembre, je suis partis une semaine pour valider certains ‘blocs émotionnels’. Du froid, du monotone… et ce fut plutôt instructif. J’ai remis le couvert en mars sur la semaine la plus froide. Une semaine de vent du nord avec du -15 °. Tu vois ce vilain traquenard émotionnel arrivé et puis avec les outils validés au cours de ces séances d’entrainement, tu passes outre. Ce n’est pas toujours évident. Ce défi n’est pas de croire que tout devient facile mais que beaucoup de choses sont possibles à atteindre. Croire en soi n’est pas simple ou naturel surtout dans l’adversité. Croire en soi, c’est s’organiser pour rendre ses aventures plus fluides.

S’entrainer à domicile, c’est renoncer à rentabiliser une journée de marche et rendre efficace sa marge de progrès. C’est aussi vivre pleinement ces journées de randonnée puisque l’entrainement de fond est produit sur des temps différenciés. 1H30 d’entrainement, c’est un film. Renoncer à quelques soirées télé, c’est pas du cinéma, c’est passer à l’action.

89 jours pour tout changer

Sac à dos randonnée ultra léger
XC3 Pajak

Marcher devient plus fluide, j’y reviens. L’avantage aussi de travailler son potentiel à domicile, c’est de pouvoir tester énormément de conditions de course. Par exemple, actuellement, je prépare un projet sur plusieurs jours. Mon nouveau sac est déjà prêt. Il est chargé comme le jour du départ. 

Duvet, pharmacie, poche à eau, nourriture, vêtements… Au fil des jours, j’ai modifié le réglage optimal pour mon dos. Mon équipement est organisé selon mes besoins. Si j’avais souffert, j’aurais modifié la charge, le remplissage, le sac… Pour gérer des ‘blocs émotionnels’ sur les douleurs lombaires, l’idéal est encore de travailler avec un sac plus chargé et moins confortable. Le stress du corps est obtenu plus rapidement et il devient aisé de comprendre comment dépasser les obsessions de ce genre de situations douloureuses. En travaillant sur des séances courtes, vous ne générerez pas de lésions car ce n’est pas le but. A tous les pervers de la vilaine douleur, faite le test du caillou dans la chaussures. Le pied va bien finir par lui trouver une place! On peut aussi l’enlever mais dans certains cas, c’est loin d’être si simple. La fatigue aidant parfois on fait mine de s’en accommoder, une idée bien étrange à froid d’ailleurs.

89 jours pour tout changer

Sac à dos militaire ALICE, armature métal chargé de bouteilles d’eau

Le choix du garage souterrain s’est avéré vraiment étonnant pour développer des structures mémoriels. Ce sont des espaces prêt de consommer sur le terrain. Je m’explique. En se plaçant dans un état d’esprit précis avec une musique, une émotion… on calibre une période de 5, 20, 45 minutes, c’est à vous de l’envisager selon vos besoins. Cette séquence doit être répétée pour que le corps et l’esprit les jouent comme une partition de musique, un automatisme. Lorsque sur le terrain, cette séquence sera nécessaire, il ‘suffira’ de puiser en vous pour faire plus facilement abstraction d’une situation pour se recentrer sur ce module. Allez chercher du pain dans la vallée avant la nuit? Atteindre un refuge avant l’orage? Une séquence rapide ou cadencée viendra s’intercaler pour vivre un moment plus ou moins délicat avec un air de déjà vu, une familiarité. 

Se connaitre, c’est allez au devant de soi, prendre soin de soi. Plus vous percevez et maitriserez vos possibles et vos ressources mieux vous les gérerez au quotidien et dans l’urgence d’une situation ou la lucidité est fondamentale.

Raw water, l’eau naturelle est-elle potable?

Raw water, l’eau naturelle est-elle potable?

L’eau crue est à la mode aux Etats-Unis. Avec l’émergence de ce nouveau comportement alimentaire , zoom sur la France où beaucoup de randonneurs pensent que l’eau dans la nature est forcément bonne. L’imprudence coûte cher si votre organisme n’est pas préparé à la raw water .

C’est la dernière tendance du moment, acheter de l’eau non filtrée, non traitée, non stérilisée et avec des sédiments. L’idée est louable: revenir à l’état naturel et préparer son corps à se défendre face aux agressions extérieurs. Dans les faits, plus de 2 milliards d’humains souffrent de pathologies dues à la consommation d’eau de mauvaise qualité (insalubre ou polluée). Les défenseurs de cette nouvelle tendance raw water mettent en avant les bienfaits sur la santé articulaire, la réduction de la fatigue et autres étonnantes propriétés.

Pour rappel, nous vivons pour la plupart à proximité des activités humaines. Ces dernières influencent notre milieu. Boire de l’eau à proximité d’une exploitation agricole, d’une ferme d’élevage ou d’une station d’épuration n’est pas sans risque. Les eaux de ruissellements transportent aussi une grande variété de déchets, polluants et résidus impropres à la consommation. Boire de l’eau sans un minimum de prudence, c’est comme avoir un rapport sexuel avec une personne inconnue sans se protéger. Cela passe ou pas… Il est impossible de savoir si l’eau de la nature est potable. Pour rappel, virus, bactérie, parasites et micro organismes ne se voient pas à l’oeil nu. Ils ne font que quelques microns. Oui, l’eau de source, c’est bon.

raw water, eau crue

Fontaine d’eau de source dans les village

Dans la vraie vie, le côté bucolique peut voir s’inviter des soucis nommés diarrhée, fièvre dans le meilleur des cas.

Dans d’autres situations, les conséquences sont lourdes: hépatites, gastro-entérites, maladies graves voire mortelles. Dans le monde, cinq millions d’humains meurent chaque année des dangers véhiculés par l’eau. 2,3 milliards souffrent d’une mauvaise rencontre avec un ver ou un virus… La France n’est pas exsangue de mort liés à l’eau.

Sans faire un inventaire détaillé: hépatite A, E, certaines bactéries Salmonella, coliforme et E coli. Plus rare mais tout aussi nocif, les risques radiologiques sont aussi à envisager avec sérieux. D’où l’importance dans la préparation d’un itinéraire, de répertorier les ravitaillements d’eau potable (fontaine, camping, cimetières), les points d’eau ( source, lac, retenue d’eau, rivière) et les zones où l’on peut trouver en dernier recours de l’eau même stagnante. Traditionnellement, l’eau est soumise à la gravité donc plus facile à trouver dans les fonds de vallée que sur les plateaux. Nous devons envisager dans ces conditions, les techniques de traitements, du rudimentaire trou dans le sable au filtre de dernière génération qui élimine tout. Question de style, de budget ou d’engagement. Si la plupart des gens savent différencier telle ou telle voiture. Lorsqu’ils associent les mots eau et nature, ils obtiennent une équation étrange: eau + nature = potable. C’est parfois vrai, c’est souvent faux. L’eau est dans le trio de tête des dangers en randonnée. Il est indispensable face à l’engouement grandissant pour la raw water de garder toute sa lucidité et faire preuve en randonnée de pragmatisme et de rigueur.

raw water, eau crue

L’eau a forcément une histoire, une mémoire et une composition propre

Faut-il oui ou non céder aux sirènes de la nouveauté raw water?

Ecologiquement:

Acheter de la raw water, eau brute, eau crue suivant l’appellation de la marque ou au contraire de l’eau minérale en bouteille n’est pas plus tourné vers le développement durable puisqu’il y a conditionnement, transport et recyclage.

Economiquement:

La raw water est vendu plus chère encore que l’eau de supermarché qui elle même est plus chère que l’eau du robinet.

Sanitairement:

D’un point de vue salubrité, ses bienfaits sont discutables. Est-elle moins sûr, c’est au cas par cas. Est-elle plus saine, après l’inventaire des risques énoncés plus haut, je vous laisse seul juge. Une eau est considérée comme potable qu’après analyse. On vous promet des eaux riches en minéraux et probiotiques bons pour le système intestinal? Une eau non assainie reste impropre à la consommation. C’est comme un très bon gâteau tombé sur le sol des toilettes du métro. Le très bon est vite devancé par plus très comestible sans risque.

Sécuritairement:

Les industriels jouent sur la mauvaise qualité de l’eau du robinet pour booster les ventes de pack d’eau. Si maintenant pour un peu de business vous en venez à acheter de l’eau qui ne répond même pas aux normes sanitaires élémentaires, c’est à n’y plus rien comprendre. Des marques comme Live Water ou Zéro Mass Water surfent sur un marché nouveau qui comptent un public composite. L’engouement américain pour la raw water repose en partie sur l’état du réseau d’eau et des choix de santé publique. L’eau du robinet y est fortement chloré. On y retrouve du fluor. Et enfin, elle est encore énormément distribuée via un réseau de canalisations en plomb. Raw water, eau, crue, eau brute, qu’importe le nom qui peut lui être donné, nous vivons dans un monde complexe et soumis à de nombreuses contraintes et pressions environnementales du fait de notre mode de vie actuel et impacté par les pratiques du passé. Dans ces conditions, vouloir croire que l’on peut faire comme si nous étions au pays des bisounours est un peu simpliste pour l’époque. En revanche, l’intérêt de cette démarche est de nous interroger sur la manière de préserver, exploiter et acheminer notre ressource pour boire une eau saine et profitable à notre organisme.

raw water, eau crue,

Rivière en crue, l’eau est chargée de sédiments

Moralité: en randonnée, sauf si on est vraiment sûr, on traite. Si on doute on traite. Si on peut trouver mieux, on passe son chemin. Attention, la qualité peut changer au fil des saisons (épisode de sécheresse, crues, passage de transhumance, affluence touristique et son florilège de pipi et caca). Certaines personnes trouvent drôles d’uriner dans le torrent alors que le bon sens voudrait que l’on s’éloigne des sources, rivières et autres zones de captages. Prélevez l’eau la plus claire, la moins stagnante et toujours en amont d’une éventuelle  pollution humaine, chimique ou animale. Les cartes de l’IGN, ça sert à ça aussi. Vigilance encore.

marcher à vol d’oiseau

Quoi? Marcher à vol d’oiseau. Parfois, changer d’itinéraire est impératif pour trouver de l’eau, un ravitaillement, un médecin. Le terrain offre une lecture directe de notre direction mais il est bien difficile d’évaluer notre durée de marche. C’est pourtant crucial dans certaines situations inconfortables. Dans un environnement ‘soft’ c’est un exercice ludique et utile à maitriser pour les fois où… La carte, la boussole, le GPS de randonnée et les applications connectées sont inexploitables. Et dans ce genre de situation, ça n’est pas impossible. Soit on accepte le danger soit on essaye autre chose. Le changement est constant et il faut s’adapter. C’est l’inconnu qui rend l’aventure intéressante.

Evaluer la distance réelle d’une mesure à vol d’oiseau

Plusieurs méthodes ont été élaborées pour estimer la distance dite euclidienne et elles sont loin d’être toutes fiables. La distance à vol d’oiseau doit, pour un randonneur, permettre de définir in fine une durée, un temps de marche. La distance appréciée à vol d’oiseau doit donc être pondérée du relief -dénivelé positif et négatif-, des détours imposés (falaises, fleuves, terrain privé ou militaire…), de la densité de végétation, du climat, de l’état de fatigue du ou des sujets et du poids transporté.  Un joli micmac qui s’appréciera avec le temps et l’expérience mais nous possédons des outils pour définir un cadre. Cela peut décourager mais une bonne évaluation en amont est crucial surtout lorsque la nuit arrive, qu’il fait froid, que les réserves de nourriture commencent à manquer ou encore lorsqu’un bobo va devenir un vrai problème.

marcher à vol d'oiseau

La marche c’est rigolo, parfois il vaut mieux être pertinent.

Partir d’une ligne droite sans obstacle et lui donner une représentation viable pour nos pieds n’est pas chose facile. Elle est fonction de chacun. Certains joueront la carte de la sécurité, d’autres du rendement horaire aveugle. Un détour de 1500 mètres de route ou chemins forestiers sont plus roulants et moins énergétivores que 500 mètres de broussailles denses ou qu’un relief très accidenté en pierrier instable. Etre ‘puriste’ ou efficace. Il est parfois judicieux de faire l’impasse sur quelques difficultés (sommets, sites caractéristiques) pour aller plus loin, en meilleure forme et de manière plus fluide. A pieds le réseau de chemins possibles est plus important que pour les vélos et encore plus denses que les voitures. Le piéton est le bienvenu sauf sur les voies à forte circulation et les autoroutes. D’après diverses études le coefficient de détour moyen (CDM) varie suivant la nature du terrain. En ville, il est de 1,15 à 1,25%. En campagne, le coefficient est très variable avec la présence d’obstacle naturels majeurs. Lacs, montagnes, autoroutes, canaux, voies ferrées peuvent faire exploser le compteur kilométrique et horaire mais sauf cas particuliers le CDM varie de 1,13% à 1,25%. Chaque rupture avec la moyenne des distances à vol d’oiseau ( MVO) engendre un allongement du trajet. La moyenne des distances parcourues (MDP) est obtenue par:

CDM  x MVO = MDP

Après avoir évaluer la moyenne des distances parcourues, il reste ‘quelques ajustements’ à faire pour obtenir la durée moyenne de marche (DMM) pour aller jusqu’au point visé.

Pour ce calcul:

Vitesse moyenne marcheur: 5km/h. A remettre en corrélation avec votre vitesse réelle sur le plat

Dénivelé positif moyen: 600 mètres/h. A remettre en corrélation avec votre vitesse en montée

Calcul de votre DMM sur une distance de 5 kms et 600 m de dénivelé:

5 x 1 = 5H

600 : 600 = 1 H

On prend le plus grand, ici le chiffre obtenu sur la distance et on lui ajoute la moitié du plus petit.

5H + 0,5H  = 5,5 H

Il faudra cinq heures et demi dans les conditions définies pour parcourir la distance voulue.

Base calcul par profil

Randonneur débutant, vitesse sur le plat: env 2,5 kms/h, vitesse montée env 250 m/h, vitesse descente jusqu’à 400 m/h

Randonneur régulier, vitesse sur le plat: env 4 kms/h, vitesse montée env 350 m/h, vitesse descente jusqu’à 550 m/h

Randonneur expert, vitesse sur le plat: + de 4,5 kms/h, vitesse montée +400 m/h, vitesse descente + 550 m/h

Le plus compliqué est encore d’évaluer sur la distance à parcourir, le dénivelé positif et le dénivelé négatif.

marcher à vol d'oiseau

rigueur et précision, vecteurs de réussite

Il faut aussi intégrer les temps de pause et les ravitaillements (eau principalement). C’est vital. Renoncer à prendre en compte ce facteur dans l’appréciation du relief et des contraintes sur le terrain pour trouver de l’eau et la traiter revient à faire toute cette gymnastique mentale pour rien. L’eau se trouve plus facilement dans les vallées, dans les endroits luxuriants, dans les villes…

Evidemment, il y a les GPS de randonnée, via michelin, Géoportail, google mas mais il arrive que le réseau ne soit pas de la partie, que la préparation soit bâclée et se paye par des négligences et des erreurs d’orientations. A un moment donné, il va falloir s’y mettre sérieusement pour retrouver un semblant de normalité.

Le balisage en randonnée

Avec pas moins de 180 000 km de chemins entretenus en France. L’offre est très variée: promenade à la journée, rando sur un we, itinérance. Les systèmes de balisage et de fléchage sont denses et comportent quelques pièges. Le marquage complète les topos, GPS et autres cartes de randonnée. Un danger: il est rapidement modifié. Les traces jaune, rouge et jaune, blanc et rouge renseignent sur le type de sentiers et de randonneurs. Connaître quelques règles, couleurs et logos spécifiques permet de s’y retrouver rapidement. C’est pas compliqué, c’est logique. De nombreux bénévoles entretiennent les itinéraires pour faciliter le déplacement. On aurait tord de se priver de ce formidable dispositif extrêmement dynamique. Avec un peu d’expérience et du bon sens, le balisage fait gagner du temps pour se déplacer sur un itinéraire défini.

Le balisage, c’est quoi:

Le balisage et la signalétique directionnelle sont définis dans la charte officielle de la FFRP en ces termes: « Le balisage consiste en l’apposition sur un itinéraire de randonnée de marques régulières permettant de guider, d’orienter et de rassurer l’usager tout au long de son parcours. Ces marques sont définies par un ensemble de symbole». La charte donne un cadre national, repris au niveau locale par les aménageurs de chemins pour améliorer la lisibilité et unifier les tracés. Les repères sont là pour rassurera et guider le marcheur. La fréquence varie en fonction de l’environnement, du relief et du type de public auquel il s’applique. Formes, dimensions et couleurs sont codifiées et font l’objet de marques déposées. Trois grandes familles de chemins:

Les itinéraires de grande randonnée. Les GR®️. Ils sont repérables de loin grâce à un marquage composé de deux rectangles superposés, l’un rouge, l’autre blanc. Ils sont généralement bien balisés dans les deux sens.

Les itinéraires de grande randonnée de pays. Les GRP®️. Ils sont aussi repérables de loin grâce à un marquage similaire aux GR, mais au lieu d’être rouge et blanc, ce sont deux rectangles superposés jaune et rouge.Ils sont généralement balisés dans les deux sens.

Les itinéraires de promenade et de randonnée. Les PR®️. Ils sont repérables par un rectangle jaune. Ce sont les tracés les plus nombreux, faciles et grand public. Ils sont aussi les plus sujets à erreur. Sur certains secteurs, une multitude de circuits se chevauchent. Vous trouvez des traces jaunes un peu partout et ça rend la lecture d’itinéraire presque impossible sans carte ou topo. A un carrefour, il n’est pas rare de trouver des traces directionnelles aux quatre embranchements. Sans outil complémentaire, prendre la bonne marque est question de chance. Dans le même registre, pour limiter la pollution visuelle et faciliter la compréhension de l’usager la politique est d’alléger le balisage. Le fléchage GR supplante celui du GRP par exemple.

A ces grandes familles, viennent s’ajouter les itinéraires ‘agrégateurs’. Ce sont des chemins thématiques qui utilisent des tracés existants (GR, GRP, PR) et se singularisent par des variantes plus ou moins nombreuses sur leurs parcours.

Balisage France, Données indre.ffrandonee.fr

Balisage France, Données indre.ffrandonee.fr

 

Le parcours Urbain V (GR670) est un chemin historique et culturel. Il empreinte des sections des GR3, 61, 63, 70 sur les quelques 330 km de son parcours. Le topo est donc très utile car sur certains passages, il y a une signalétique spécifique, sur d’autres les marquages GR restent la référence.

Les voies de St jacques de compostelle sont des tracés mythiques. Cinq voies françaises, Tours, Vézelay, Le Puy, Arles, Piémonts. Elles partent de ces villes (pièmont: départ de Carcassonne) pour rejoindre la frontière espagnole puis Santiago de compostela.

Les chemins européens constituent le maillage terrain encore plus large.Douze itinéraire parcours un territoire du Cap Nord à la Crête. Et des côtes de l’Océan Atlantique à la Mer Noire. Parfois identifiés avec le balisage dédié. La plupart du temps, ils empruntent des chemins nationaux et régionaux. Le maillage local est souvent très riche. Certains pays utilisent le balisage depuis plus de 140 ans.

Balisage européen E10, Données FERP.com

Balisage européen E10, Données FERP.com

Départ chemin européen E9, Données Jon Worth

Départ chemin européen E9, Données Jon Worth

Les particularités locales. Dans les Vosges où la tradition de la marche est très implantée et développée, l’histoire a juxtaposée deux systèmes de balisage. Celui de la fédération (FFRP) et celui du club vosgien (CV). Dans les faits, les traces jaunes, rouge et blanche sont surtout supplantées par le marquage très fonctionnel du très actif club vosgien.

Un rectangle (rouge, bleu, jaune ou vert) pour les sentiers de grande randonnée traversant la région du Nord au Sud.

Un losange (rouge, bleu, jaune ou vert) pour les sentiers interdépartementaux d’Est en Ouest.

Un cercle plein (rouge, bleu, jaune ou vert) pour les circuits de plus d’une demi journée.

Un anneau coloré (rouge, bleu, jaune ou vert) pour les promenade de moins de 15 km.

Triangle, croix et chevalet pour les liaisons et des rectangles colorés aux extrémités pour les variantes.

Nomenclature balisage CV, Données Club Vosgien

Nomenclature balisage CV, Données Club Vosgien

Les types de marquage:

Le marquage varie suivant le lieu. En milieu naturel, on le retrouve au sol, sur les arbres, sur les murs, sur les poteaux. La plupart du temps, il s’agit de balisages réalisés avec de la peinture non toxique ou via l’apposition de petites pancartes. En ville, pour éviter les dégradations et les fondre dans le paysage, il est autorisé d’utiliser des rubans adhésifs aux couleurs des types de chemins suivis. Dans certains lieu, faute de possibilité (pas d’autorisation, monument remarquable) les baliseurs sont contraints de poser des poteaux dédiés.

Sur certains itinéraires ‘mythique’ comme les voies de St Jacques, on peut aussi trouver au départ, arrivée et haut lieu des clou de bronze avec l’indication du type de chemin.

Balisage au sol, Données compostelle-bretagne.fr

Balisage au sol, Données compostelle-bretagne.fr

En montagne, pour compléter le marquage et aider au déplacement par mauvais temps (pluie, brouillard, tempête), les randonneurs édifient des cairns (monticule de pierre visible et souvent porteur de mémoire, d’espoir pour conjurer le sors). Sur une étendue sans repère, les cairns sont très précieux….

Le balisage évolue. Renseignez-vous:

Les outils habituels sont souvent moins réactifs que les nombreux bénévoles chargés de l’entretien et de l’aménagement locaux. Protéger une espèce endémique, limiter l’affluence d’un secteur,  période de chasse ou conseillé par temps humide, les raisons sont multiples. Parfois, si vous n’avez pas pris la peine de vous renseigner, ça peut très mal se passer notamment sur des droits de passage (cour de ferme, champ..). Les déviations peuvent être temporaires ou définitives peuvent être décidées (glissement de terrain, incendie, période de chasse) et aux évolutions législatives.

le balisage de randonnée pédestre

Point informations… Surtout ne le coupez pas, il va y avoir des malheureux.

Renseignez-vous avant de partir. Parfois, c’est subtil à comprendre, parfois les aménageurs sont très clairs pour éviter des drames. Extrait d’une mise en garde du bureau des guides de Luchon: « Suite à de nombreux accidents mortels sur le tracé du GR10 entre Superbagnères et la Coume de Bourg (Haute Garonne – Bagnères de Luchon) la commune de Castillon de Larboust (responsable de cette partie) a décidé de modifier le tracé du GR10 ce mois de Juillet 2016. » Photo à l’appui. Chacun est tenu de respecter.

Modification itinéraire, Données BG Luchon

Modification itinéraire, Données BG Luchon

Le balisage, visible… pour un oeil averti:

Nous avons vu qu’un itinéraire peut évolué compte tenu d’un changement de droit de passage, d’un mouvement de terrain mais d’autres aléas plus subtils peuvent vous faire des misères. La végétation pousse au fil des saisons et même si un entretien annuel est préconisé et réalisé par les milliers de bénévoles, parfois ça ne suffit pas. Il y a aussi des dégradations. On le voit sur des manifestations à la journée et sur certains tracés, d’autres utilisateurs de la fôret ou juste pour nuire, s’amusent à détourner ou arracher la signalétique. Attention aux variations de couleurs. A certaines saisons les marquages sont moins perceptibles (couleurs d’automne, période de neige).

le balisage de randonnée

Balisage éphémère…

Le balisage est un outil dynamique contrairement au idée reçues. Les topos, carte et GPS sont quand à eux des outils statiques. Un fond de carte de GPS n’est pas actualisé régulièrement. Si vous ne chargez pas un fichier GPX actualisé. Vous ne prenez pas en compte les modifications apportées. Lorsque vous acheter une carte chez Garmin par exemple, le fond de carte (décor avec fôret et chemins, routes…) est d’époque. Topos et cartes ne sont actualisés qu’à chaque réédition et il s’en passe. Tous ces systèmes sont complémentaires. Ils simplifient la marche.

Les pièges:

Les randonneurs sont des usagers de la nature. Nous ne sommes pas les seuls. Il y a aussi ceux qui y vivent et ceux qui l’entretiennent et l’exploitent. Pour gérer les bois, les forestiers ont recours à des marquages à la bombe et c’est parfois troublant.

balisage, randonnée, orientation

Balisage chemin blanc (21), Données cheminderandonnee.com

Marquage forestier, Données motipdupli.com

Marquage forestier, Données motipdupli.com

Sur certaines parcelles, l’utilisation d’un trait rouge sur un fond blanc, d’un trait rouge nous semble familier mais il n’en est rien. Il s’agit de lot à abattre, de limites communales ou d’aménagement en cours.

balisage de randonnée pédestre

Limite communale, données personnelles

le balisage de randonnée pédestre

marquage communale, données personnelles

Faire le bon choix

Je vais à droite, non à gauche. Entre faire le bon choix et opter pour une mauvaise stratégie, qu’est-ce qui prévaut à nos décisions. En randonnée, le balisage et la technologie ne font pas tout. Parfois le bon sens et un brin de pragmatisme permettent d’opter pour des stratégies qui nous correspondent plus à cet instant donné.

Les chemins balisés ne sont pas des autoroutes. Il arrive même que certains, pour des raisons obscures ou logistiques ne soient pas balisés dans les deux sens ou seulement sur certaines zones. Dans tous les cas, l’usure des différentes voies (sols érodés, pierres lisses), l’entretien (débroussaillement récent) aident à s’y retrouver. Souvent, se retourner au carrefour permet d’apercevoir un signe de balisage pour ceux arrivant en sens inverse. Ce message est toujours orienté pour être dans l’axe de vue des personnes à qui il est destiné. Pointé la main à la perpendiculaire du panneau ou logo et vous obtenez la direction à prendre.

Avec la fatigue, le manque d’hydratation, une dégradation des conditions générales, une rupture de normalité nous pouvons très vite opter pour des choix peu judicieux. Une heure, 10 kilomètres, qu’importe le temps ou la distance avant de reprendre conscience de l’erreur, c’est trop. Plus vous perdez vos moyens, plus vous êtes en situation de stress et moins vous avez de facultés mentales et de raisonnement. Tout devient binaire. Les contrastes sont violents. En temps normal pourtant, nous nous éloignons aussi trés souvent d’une pensée plus riche.

L’Homme dans la nature, construction de sa pensée:

Quiconque est allé dans un parc d’attraction peut vous le dire. C’était bien (1). C’était nul (0). Dans la nature, la variété des émotions et des situations forment un tout plus complexe. Soyez à l’écoute de votre corps. Il n’y a pas ce côté binaire de la pensée. Le noir et blanc laisse place à un nuancier de couleurs plein de contrastes. Il se compose de rythmes et de saisons (agréable, désagréable, neutre). Difficile même de regretter certains phases faibles car elles mènent vers d’autres expériences instructives. Plus vous percevez ces variations d’émotions et de couleurs, plus la réflexion devient subtile. Il y a une vraie différence entre s’écouter (souvent pour ne rien faire et trouver des excuses) et être à son écoute.

randonnée, trek, marche, GPS, GR, conseils, astuces

La pensée binaire:

Le binaire est un raisonnement basique où l’on compare (A et B) et l’on obtient deux valeurs:

Choix 1: A est bien (1) et B pas bien (0)

Choix 2: B bien (1) et A pas bien (0)

C’est un mode de pensée très destructeur. Il pousse au dénigrement et le tout ou rien qu’il suscite se transforme vite en Up and down émotionnel. D’un coup, un sentier, une journée deviennent faciles ou difficiles. Un paysage beau ou moche. La météo bonne ou mauvaise. Tous les paradoxes s’entrechoquent et c’est le meilleur qui gagne… et vous qui y perdez la plupart du temps. Cette forme de pensée nous limite, nous mène dans les excès. Plus nous nous isolons de notre réalité moins nous faisons des compromis. Plus nos opinions sont tranchés, plus nous prenons des risques inutiles.

La logique tétravalente, la pensée du crabe:

A la logique binaire, un autre concept prend forme. Il y a toujours la marche avant et arrière. Il y a aussi le pas de côté: la logique tétravalente. En logique tétravalente, il y a 4 valeurs possibles. Les 2 du système binaire, évoqué plus haut, renforcées de 2 nouvelles:

Choix 3: A et B sont pas bien (0)

Choix 4: A et B sont bien (1) chacun des choix apporte un plus dans le contexte et à des niveaux différents.

Chaque situation est différente. Pour peu que le cadre soit, en apparence similaire, rien ne dit qu’à ce nouvel instant, cela produise les mêmes effets. C’est en quelques sortes, l’idée sous tendue par la vision relativiste. A chaque maux un remède. Plusieurs paramètres peuvent interagir, ne rien négliger. Evitez les simplifications abusives (0 ou 1). Une perception fluide de ses sens permet d’avoir une idée plus fine de la vérité.

Ces différents systèmes de logiques nous rappelle que dans la nature, nous ne pouvons pas penser comme dans un parc d’attraction. La pensée est plus riche, plus libre et plus subtile. Dans la prise de décision, c’est un regard nouveau pour faire des choix à son image. N’oublions pas que nous somme le fruit de notre éducation et de l’époque dans laquelle nous vivons. Nous passons à côté de choses simples.

 

Nos sens, victimes de notre conception du monde:

Les conceptions qui relient l’Homme et la nature sont nombreuses. Les écoles de pensées s’entrecroisent et souvent s’opposent et pendant ce temps là… Les modernes comme Descartes séparaient le corps et l’esprit, les sujets et les objets. Kant fit passer l’esprit avant le corps, L’Homme acquit la Raison avec un grand R. Les modernes ont laissé la place aux contemporains.  D’autres encore, nous lient à la nature dans une relation de symbiose comme Michel Serres.

De nombreux courants philosophiques nous ont donné l’illusion de notre toute puissance, de l’idée que nous étions à part, au dessus. Doté de telle ou telle mission divine, nous voilà aussi créatures aux pouvoirs presque illimités grâce à la technologie.

randonnée, trek, marche, GPS, GR, conseils, astuces

Place de l’Homme, Données Anthony Yobes

Non, l’Homme n’est peut-être pas au centre de l’environnement comme nous l’entendons trop souvent. C’est une vision surement illusoire et simpliste. Nous ne sommes pas grand chose face aux éléments et nos limites sont très vite atteintes loin de notre confort habituel. Partez nu au milieu de nulle part et vous ferez rapidement expérience de vos limites. Personne ne vous attends ni ne vous servira sur un plateau le gite et le couvert. L’homme au sommet de la chaine alimentaire? Qui fera vraiment le poids à main nu face à un lion ou un ours enragé?

Nous sommes bercés par une vision anthropocentrique du monde. Nous aimons l’idée que nous sommes au centre. Dans cette position nous pouvons, à loisirs, distribuer notre puissance vers l’extérieur. Ne confondons pas notre puissance collective et notre réalité individuelle. Les plans sont très différents. Les moyens aussi. Un séisme et l’Homme réapprend les mots fragile, petit, limité. Solidarité, vivre ensemble, famille et débrouille ne sont pas loin. Développer vos sens est une activité ludique et éducative pour se connecter à soi et aux mondes.

randonnée, trek, marche, GPS, GR, conseils, astuces