Marcher, c’est aussi assumer sa part d’ombre. Faire l’expérience de la pensée de Carl Jung, c’est prendre conscience des facteurs de désordre pour marcher en paix. Améliorer notre stabilité émotionnelle et nos relations à autrui, c’est fondamental. Allez au devant de votre part lumineuse et de votre part d’ombre! Je suis plus qu’une idée, des peurs, un ensemble d’apriori. 

Quel rapport avec la Randonnée? Randonner, c’est tenter de vivre en harmonie avec la nature mais nous sommes peu de chose face à elle et à ceux qui la composent. La variété des situations demande une grande capacité d’adaptation. Trouver des ressources pour gérer les situations rencontrées sur la route demande de connaître ses outils personnels et de savoir les mobiliser à bon escient. Voilà pourquoi, connaître , accepter et dompter sa part d’ombre permet d’être meilleur. Plus juste avec soi.

 

Se connaître soi, pour être son allié, aller au devant de sa part d’ombre

J’ai beaucoup parlé dans mes articles de ´jouer’ avec ses émotions. Suivant les périodes de l’année, les publics rencontrés; l’attitude est différente. Rentrer en résonance ou en confrontation demande de connaître le kaléidoscope de personnalités ( ou d’expressions) contenues en nous. Être un gentil garçon sert dans certains cas. Dans d’autres, c’est juste se placer en position de victime ou de victime potentielle. Et pour notre vie, c’est un manque de respect. Vivre dans la nature, c’est aussi se replacer dans notre condition, loin des contingences civilisées, policées et sociales. Vivre dans la nature, c’est reconnaître qu’il y a une hiérarchie naturelle et que pour survivre nous devons pouvoir être à même de prendre des décisions parfois cruelles pour son propre bien.

carl Jung, assumer sa part d'ombre, psychologie

Face à soi-même

Face à un animal agressif, fuir ou faire face sont souvent les deux grandes options. Les concepts de citadins n’ont plus court. Il s’agit dans un retour brutal et primitif, de savoir et d’agir pour sauver sa peau. L’exemple pourrait très bien s’appliquer face à un individu seul ou en groupe déterminé à en découdre. Ce n’est bien souvent pas à l’instant T que cette part d’ombre peut raisonnablement s’exprimer. Trouver le juste milieu pour fuir, faire peur, se défendre ou attaquer demande un apprentissage de soi pour évaluer au mieux l’attitude à adopter.

 

Qu’est-ce que la part d’ombre?

Qui ne s’est pas dit un jour devant un livre d’Histoire, face aux atrocités d’une guerre, d’une période tragique de notre monde: comment des hommes ont-ils pu faire ça? Pourtant, ces humains, c’étaient nous. Ils avaient une vie, une famille, des passions, des joies et j’en passe. Pourtant, ils ont dû par nécessité, par obligation ou par devoir agir de la sorte. L’ombre contient toutes les pensées, les actes refoulés dans l’inconscient. Un faisceau de comportements ou de traits de caractères bien enfouis sans quoi famille, amis et connaissances auraient vite fait d’être déçus ou de nous tourner le dos définitivement. Tous les actes déviants, honteux ou répréhensibles, nous les avons banni pour continuer à vivre avec l’autre quelque soit sa proximité où notre attachement affectif. On est souvent confronter à l’ombre, lorsqu’après une situation conflictuelle où nous n’avons pas bouger, à tort ou à raison, nous y repensons envisageant des scénarios virulents, agressifs ou violents. Ils n’auraient pas de crédibilité dans notre réalité. Pourtant, en modulant nos facettes, notre part d’ombre à sa crédibilité dans notre réalité.

La part d’ombre, employée depuis la nuit des temps

La part d’ombre est très souvent réprimer, contenue au plus profond de nous même. A l’échelle du petit humain, elle est considérée comme immorale. C’est très pratique. Elle a pourtant toute sa place pour poser des limites ou éviter le pire. A l’échelle des états et des puissants, la dissuasion est employée depuis l’origine de l’humanité. Les Hommes sont allés jusqu’à prendre le risque de mourir pour s’assurer la quiétude d’un groupe ou d’une idéologie. Il suffit de regarder comment les peuples ont accumulé les stocks gigantesques armes nucléaires pour s’en convaincre. 16000 ogives recensées dernièrement dans le monde de quoi créer un hiver atomique aux conséquences catastrophiques sur des durées énormes et inconnues. Mais les grands États continuent de s’armer. 

Assumer sa part d'ombre, psychologie, Carl JUNG

Trouver le bon compromis

Carl Jung, révélateur de l’âme, de notre part d’ombre 

Il n’y a pas de lumière sans ombre. Lorsque nous ne sommes pas capable d’accepter ces zones d’ombres en nous, nous les projetons sur les autres. S’énerver du comportement d’un proche, d’un collègue refléterai des parties inassouvies et non assumées de notre personnalité, « la déflation ». Pour Jung, nous sommes ombre et lumière, un tout indissociable que l’on doit dompter pour vivre. Dans notre rapport aux autres, pour qu’ils nous aiment et nous reconnaissent, la part d’ombre s’est affublée de tous nous aspects négatifs ou perçus comme tel en société. Et cela même s’ils ne sont pas des défauts. Identifier et accepter ces aspects de nous-même permet de vivre mieux avec soi et les autres. Nos traits de caractère ainsi révélés, on parle alors d’intégration. Nous consacrons plus de temps et d’énergie pour vivre librement et moins à cacher ou lutter contre nous-mêmes.

Assumer sa part d'ombre, Carl Jung, psychologie

Assumer, accepter, prendre en compte ses extrêmes

Dans la pratique

On considère qu’un Homme vit mieux s’il est en paix. Le chantier en vaut la chandelle. Pour Jung, prendre conscience des facteurs de désordre améliore nos relations à autrui. Un grand pas pour l’Homme, un petit pas pour le collectif. Et vivre en harmonie avec et dans la nature reste le socle de la démarche du randonneur. Il s’agit d’un véritable travail sur l’humain au sens globale du terme. A l’origine, nos codes moraux sont transmis par la famille, la culture et l’époque. Ils définissent notre marge de manœuvre. Ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Imaginez le champs des possibles lorsque votre itinéraire n’est plus simplement dicté par un topo ou le suivi d’un balisage. Combien d’entre vous, on déjà pesté sur un itinéraire « pourquoi ils nous font passer ici, c’était mieux par là, plus joli, plus agréable». C’est comme le GPS. Il est logique pas pragmatique. Ces choix fait pour vous et à votre place le sont par rapport à des principes (sécurité, nuisances…) et des règles (convention de passage, préservation d’espèces animales…). Les remettre en cause, à son échelle, dans certains cas, n’entrave en rien la liberté, le respect ni la sécurité pour vous ou pour les autres.

Prendre la route plutôt qu’un chemin en sous-bois parce qu’une tempête agite les arbres avec des vents de plus de 60 km/h. Bon sens. Traverser un terrain vague pour éviter de faire le tour du village et tous ces recoins merveilleux instaurés par les décideurs locaux mais fondamentalement inutile. Refuser de rater un super panorama parce que pour éviter l’affluence d’un lieu, la populace a été ´déroutée’. Bon sens. Se concentrer et se rassembler sur l’essentiel. Avoir conscience de ses actes et de ses réactions. Reprendre son libre arbitre et assumer ses choix. Bon sens. Pour décrypter un peu plus notre comportement, revenir sur l’allégorie de la caverne de Platon contribue à désacraliser le chemin tel qu’il est pensé par les Hommes et les instances modernes. Bien sûr, il y a tous les efforts pour rendre la Randonnée pédestre abordable mais aussi les effets induits. A terme, notre société nous robotise à cela, nous sommes conditionnés à faire cela et non à Être ce que nous sommes. Le sentiment de liberté véritable n’est-il pas au centre de nos préoccupations? Il se déploie lorsque nous assumons d’être en vérité avec nous-mêmes. 

Digiprove sealCopyright secured by Digiprove © 2018